ACTE DEUXIÈME
SCÈiXE VII PHILIPPE, GOTTE.
GOTTE
Enfin, on respire mainteiiant que tous ces gens sont partis. Ah! qu'ils m'ont fatiguée, ils me gâtaient absolument la campagne et cette belle nuit. Y en a-t-il, ce soir, des étoiles! Croyez-vous que tout ça soit habité?
PHILIPPE
Sans doute.
GOTTE
Dire qu'il y a peut-être là-haut, en ce moment même, des bonnes gens qui causent sur une terrasse, comme nous ! Mais, sûrement, dans aucun de ces astres, il n'y a une femme qui s'ennuie autant que moi. On est très bien ici, j'ai envie de rester là jusqu'à ce qu'une étoile file.
PHILIPPE
Pourquoi faire?
GOTTE
Pour laire un souhait.
PHILIPPE
Quel souhait?
GOTTE
Ah! voilà, c'est mon secret.
Et s'il ne file pas d'étoiles r
GOTTE
Je le verrai bien, alors je m'en irai quand le jour viendra.
PHILIPPE
Quand le jour viendra! Et votre mari qui voua attend ?
GOTTE
Mon mari? Il dort déjà; il a quatre-vingts kilomètres dans les jambes; il ne m'a pas attendue..., et puis il rêve de M'"^ Sureau, cette bonne Thérèse.
PHILIPPE
Vous êtes jalouse ?
GOTTE
Ah! grands dieux! non. On n'est pas jalouse de Stany.
PHILIPPE
D'ailleurs, rassurez-vous, M '^^ Sureau n'est pas dangereuse; c'est une allumeuse.
GOTTE
.Je déteste ce genre de femmes-là, je trouve que ça n'est pas honnête, m.oi; j'aime mieux une femme emballée et qui va jusqu'au bout; je ne comprends pas le flirt, je ne comprends pas qu'on grignote le fruit défendu; il faut y mordre à belles dents et même sans l'éplucher, ou ne pas s'en mêler, voilà... n'ai-je pas raison?
PHILIPPE
Mais si; seulement si j'ai un conseil à vous donner, mordez-y le plus tard possible.
GOTTE
J'y mordrai quand ça m^e plaira; c'est idiot ce que vous dites là : le plus tard possible! Quand je n'aurai plus de dents, n'est-ce pas?
PHIlîPPE.
Et qu'est-ce que vous aviez à me dire de la part d'Hélène?
GOTTE
Ah! c'est vrai, j'oubliais; vous ne pensez qu'à ça, vous.
PHILIPPE
Dame !
GOTTE
Que je sois triste ou non, ça vous est bien égal;