ACTE DEUXIÈME
moi, je peux crever. Eh bien, approchez-vous, si vous voulez que je vous le dise, vous êtes à une lieue, je ne peux pas vous crier ça.
PHILIPPE
Personne ne nous entend, nous sommes seuls.
GOTTE
Vous avez des raisons stupides, mon cher. Certainement nous sommes seuls, mais il y a des choses qu'il faut dire à voix basse. D'ailleurs, ça m'est égal, moi. (kiic crie.) Hélène m'a dit de vous dire...
PHILIPPE
Voyons, Gotte, ne faites pas d'enfantillages.
Il approche sa chaise.
GOTTE
Ah! je vous en prie, ne traînez pas votre chaise comme ça sur les cailloux; c'est un bruit qui me porte sur les nerfs; asseyez-vous prés de moi, tout simplement... Dieu! que vous m'agacez ce soir!
PHILIPPE
Tout vous agace.
GOTTE
C'est vrai, je suis énervée. Voulez-vous qu'on se promène autour de la pelouse, comme l'autre soir. C'était si joli.
PHILIPPE
Pourquoi nous promener! on est très bien ici.
GOTTE
Vous avez peur?
PHILIPPE
Mui, de quoi aurais-je peur?
GOTTE
Je ne sais pas, moi, des voleurs peut-être, (eiio rit nerveusement.) Dieu ! quc VOUS m'agaccz!
PHILIPPE
Voyons, Gotte, dites-moi ce qu'Hélène vous a chargée de me dire, et puis on se dira bonsoir.
GOTTE
Eh bien, non, j'ai réfléchi, je ne suis plus disposée, je vous le dirai aussi bien demain matin ; ça n'est pas très important au fait, ni pressé.
PHILIPPE
Soit; alors bonsoir, Gotte.
GOTTE
Attendez donc, vous pouvez bien rester un peu avec moi; alors je ne suis bonne que pour vous parler d'Hélène? Je peux avoir à causer avec vous, un tas de choses à vous dire, vous êtes extraordinaire ! Ça n'est pas très poli ce que vous faites là... Alors, vous êtes heureux, Pliilippe ?
PHILIPPE
Oui, Gotte, je suis très heureux.
GOTTE
Vous aimez bien Hélène?
PHILIPPE
Je l'adore.
GOTTE
Les hommes sont bien tous les mêmes.
Pourquoi dites- vous ça ?
GOTTE
Vous dites que vous l'adorez, et pourtant...
PHILIPPE
Quoi, pourtant? Que voulez-vous dire?
GOTTE
Rien.