SCENE III PHILIPPE, GOTTE
Et quand l'iiilippe est revenu.
GOTTE, se jetant contre lui.
Ah! Phihppe, vous savez que je suis folle depuis hier soir... je vous aime... Il fait un temps navrant dehors, mais j'ai du bleu et du soleil dans tout mon être. Vous m'attendiez, n'est-ce pas? Je vous avais écrit que je viendrais; d'ailleurs, je ne vous fais qu'une toute petite visite, je ne veux pas commencer à m'imposer, à m'étaler dans votre existence... merci! pour me faire prendre en grippe. Oui, hier soir, quand vous êtes parti, je me suis couchée, j'ai réfléchi à ce qui s'était passé et je n'ai pas pu dormir. Alors je vous ai écrit. Il était cinq heures quand je me suis endormie. Vous avez brûlé ma lettre?
PHILIPPE
J'ai oublié.
GOTTE
Quelle imprudence! Je vous l'avais bien recommandé pourtant! Où est-elle? brûlcz-la vite.
iO.
PHILIPPE
Tenez, la voici !
Il tend une lettre à Gotte qui va la jeter dans le feu. GOTTE.
Et VOUS, avez- VOUS pensé à moi, à nous?
PHILIPPE
Ah ! oui, i*y ai pensé, j'y ai pensé.
GOTTE
Gomme vous dites ça ! Ah ! mon Dieu, j'en étais sûre : vous m'en voulez, maintenant?
PHILIPPE
Je ne vous en veux pas... j'en veux surtout à moi; moi non plus, je n'ai pas dormi, j'ai passé une nuit de remords. Ah ! ça n'est vraiment pas beau ce que nous «^vons fait là.
GOTTE
Que voulez-vous? C'a été une surprise.
PHILIPPE
Une surprise?... Voyons, ma petite Gotte, vous saviez bien que votre mari était absent et que... non, je ne veux pas insister, ça n'est pas mon rôle ; mais ne nous payons pas de mots. Une surprise!... non, nous avons trahi Hélène; car c'est hien la trahison cette fois. Gomment allons-nous reparaître devant elle? Avez-vous songé à ça?
Ma foi, non.
PHILIPPE
Nous voilà bien avancés maintenant.
GOTTE
On ne fait pas ça pour être bien avancés.
PHILIPPE
Écoutez, Gotte, j'ai bien réfléchi ; nous sommes profondément coupables, et il ne faut pas que la surprise