ACTE TROISIÈME
HÉLÈNE
Je n'en sais rien... (eiic pleure siiendcusemenL) \'oyons, quelle heure est-il, avec tout ça! Il doit être tard.
PHILIPPE
Il est sept heures.
HÉLÈNE
n faut que je m'en aille. J'ai la tête en feu, je suis brisée comme si j'avais reçu des coups. Ah! je dois être jolie..., et je dîne en ville ce soir.
Elle se lève.
PHILIPPE
Ah! ma pauvre maitresse, je suis navré.
HÉLÈNE
Je ne te dirai pas qu'il n'y a pas de quoi, (se re^ardaiit daos une peLiie glace.) Ah! Cette tête! Je suis découragée, je suis lasse.
Elle fte met de I.k poadrc de riz.
PHILIPPE
Veux-tu t'arranger par là?
HÉLÈNE
Oh! non.
PHIUPPE.
Quand te reverrai-je?
Je n'en sais rien.
PHILIPPE
Voyons, Hélène!
HÉLÈNE
Mais non, je n'en sais rienî
Elle remet son chape .u.
PHILIPPE
Tu ne peux pas t'en aller comme ça,
HÉLÈNE
, Comment, comme ça?
PHILIPPE
Oui, enfin, sans un mot qui me laisse espérer.
HÉLÈNE
Espérer quoi?... Qu'est-ce que tu veux que je te dise; je suis encore tout endolorie, toute meurtrie; il faut le temps de se remettre... tu ne comprends donc pas? Tiens, aide-moi à mettre mon manteau... c'est trop lourd.
PHILIPPE
Si, je comprends! Ah! mon Dieu! Qu'est-ce que je vais devenir?
HÉLÈNE, d'une voix lasse.
Enfonce-moi mes manches. Écoute, il ne faut pas que nous nous revoyons tout de suite, nous avons besoin l'un et l'autre de réfléchir, de nous interroger, de voir clair en nous-mêmes... il faut que tu partes. Va-t'en dans le Midi, vers le soleil, pars demain, pars ce soir si tu peux, mais laisse-moi, laisse-moi... Ah! sept heures et demie! je vais être en retard, allons, adieu.
PHILIPPE
Adieu?
HÉLÈNE
Au revoir, peut-être, aie bon courage !
PHILIPPE
Je partirai demain.
HÉLÈNE
Qu'est-ce que tu fais ce soir?
PHILIPPE
Je dîne avec André, il doit venir me chercher tout à l'heure.
HÉLÈNE
Ah! je ne voudrais pas le rencontrer; il faudrait lui parler et je ne m'en sens pas la force, et puis, il verrait que j'ai pleuré.