ACTE PREMIER
Français en voyage... pire que le^ Français, c*est }e Parisien, le Parisien !
ANTONIA
On ne choisit pas ses compatriotes.
ROGER
Ces gens-là m'exaspèrent.
JULIETTE
Vous le leur laissez bien voir.
ANTOMA.
Je trouve même que vous êtes beaucoup trop franc, et quand j'invite un de mes amis, chez moi, vous ne devriez pas lui laisser voir qu'il vous déplaît.
ROGER
Pourquoi avez-vous des amis déplaisants?
A ee moiiKnt Listel ouvre la porte.
LISTEL
Ne VOUS dérangez pas... Continuez à causer comme si je n'étais pas là... je viens chercher simplement mon porte-cigarettes que j'ai dû laisser sur la table... le voilà, je l'ai, je l'ai... ne vous dérangez pas, au revoir^ fe me sauve.
Et quand il est pnrti :
iNTONIA.
Enfin, qu'avez- vous contre lui?... Je vous assure que c'est un homme charmant.
ROGER
Je ne sais pas... c'est cette façon de parler à tort et à travers, et surtout de tout blaguer, de tout rapetisser... ça me rend malade, c'est bien simple.
PIERRE
Ah! les Français en voyage sont terribles pour ça... en disent-ils dos bêtises!
ANTONIA
Ça vous semble ainsi, parce que vous no comprenez
pas les autres langues, mais soyez persuadé qu'il se dit autant de bêtises en anglais ou en allemand.
PIERRE
C'est bien possible.
ROGER
Tantôt, je me suis amusé à en suivre deux à Saint- Marc, deux bons bourgeois, le mari et la femme. Arrivés devant la mosaïque en turquoise et en malachite, rhomme a dit : « Ils ne s'embêtaient pas ! » et la femme a fait : « Titt, titt, titt, titt, c'est de la folie ! )>
On entend des accords.
JULIETTE
Voilà que ça commence : vite, allons écouter.
Elle se précipite à la fenêtre. Antonia la rejoint. Dans le lointain, en face du Grand-Hôtel, c'est la sérénade, instruments et voix, par la Société Concordia. Pierre et Roger demeurent à fumer et à causer, étendus dans des fauteuils.