ACTE PREMIER «T
CLAUDINE
Très!... Oh non, je n.e regrette pas le théâtre. Bien phis, je suis devenue très bourgeoise... j'ai pris lemonde en horreur, je ne vois presque personne.
VÉTHEUIL
Comme nous nous entendrions bien!... Nous avons absolument les mêmes dégoûts... Ainsi, lorsqu'arrive cette époque de l'année, j'^ai une telle lassitude de Paris, une telle nausée de la noce, des demoiselles, des chères madames, des demi--\iergcs, qu'il faut que J3 parte, il le faut!
CLAUDINE
Je comprends ça.
VÉTHEUIL
Alors je me retire à la campagne, dans un trou... je poche, je chasse, je lis des livres reposants, je réfléchis... en un mOt je vis, je vis... ici, je ne fais rien qui vaille.
CLAUDINE
Vous avez raison. Moi aussi, j'adore la campagne... Et vous partez bientôt ?
VÉTHEUIL
A la fin du mois.
CLAUDINE
Vous partez seul ?
VÉTHEUIL
Oui.
CLAUDINE, Incrédu'f.
Ilum! Hum!
VÉTHEUIL
Oh! absolument... aussi sûr...
CLAUDINE
Qu'un et un font deux.
VÉTHEUIL
Pas du tout... je pars seul... Pourquoi on doutezvous?
CLAUDINE
C'est que vous avez une réputation... Si ces demoiselles vous donnent des nausées, il faut croire que ce sont d'agréables nausées, car on vous rencontre toujours avec elles.
VÉTHEUIL
Qu'est-ce que ça prouve? Je fais les gestes d'un qui s'amuse, mais si vous saviez comme j'ai le cœur vide au milieu de tout ça !
CLAUDINE
Si vous avez assez de la noce, mariez-vous.
VÉTHEUIL
Oh! pas du tout. ..j'ai le cœur vide, mais pas fatigué...
CLAUDINE
Comme c'est aimable pour celle que vous épous.erez tm jour ce que vous venez de dire là. Voulez- vous boire ?
VÉTHEUIL
J'aime mieux ça.
CLAUDINE, sonnant.
Qu'est-ce que vous voulez boire?
VÉTHEUIL
Ce que vous voudrez.
Brandy and soda?
VÉTHEUIL
Oui, brandy and soda.
Entre Prospcr.
CLAUDINE
Prosper, vous apporterez du cognac et des sodas.
PROSPER
Bien, madame.