CHERA>GE
Oh ! c'est tout à fait rigolo.
MADAME EGRETH, se levant, comme mue par un ressort.
Au revoir, madame.
ANTOMA.
Comment, déjà?
MADAME EGRETH.
Oui, je suis obligée de me sauver, j'ai encore unequantité de visites à faire.
ANTONIA
Faites mes amitiésjà votre mari et'au^polytecan: "* cien.
.MAD.\3IE EGRETH.
Je n'y manquerai pas.
Et quand elle est partie ;
Je me demande ce qui lui a pris, à cette petite ^jme Egreth, de me faire une visite aujourd'hui. II y a bien cinq ans que je ne l'avais vue : je ne savais quoi lui dire. Qu'est-elle venue faire?
LISTEL
C'est bien simple, elle est venue chercher un alibi.
ANTONIA
Comment cela?
LISTEL
Mais oui, elle est en ce moment adultère avec un
nommé Lapoix. Il y a à peu près quinze jours que ça a commencé, et ils se voient à côté, rue Bassano, vers ces heures-ci, justement.
ANTONIA
Il est étonnant ce Listel. Il sait tout, il connaît tout le monde.
LISTEL
Alors ça n'est pas difficile à reconstituer : en sortant de la rue Bassano, elle a été aperçue; on la croyait d'un autre côté, et, pour justifier sa présence dans ces parages, elle est montée chez vous... c'est le coup de l'alibi, c'est élémentaire.
ANTONIA
Tiens, tiens, cette petite M^^ Egreth, voyez- vous ça? Mais êtes- vous sûrT
Absolument sûr, c'est très connu.
ANTONIA
Et M. Egreth, qu'est-ce qu'il dit de tout ça ?
LISTEL
Il ne dit pas.
ANTONIA
Il ne sait pas.
MADAME DANGLEJAIS.
Il y aunM. Egreth quifait des conférences féministes ; est-ce celui dont vous parlez ?
ANTONIA
C'est exactement le même,
MADAME DANGLEJAIS.
C'est un homme fort remarquable.
LISTEL
Comment l'entendez-vous ?
MADAME DANGLEJAIS.
, JeVeux dire qu'il fait des conférences intéressantes.