ACTE DEUXIÈME
LE DOMESTIQUE, annonçant.
Mme Rolleboise, Mme Sinnglott,
Saluti, bonjours, préaentations.
Gomme vous êtes belles, mesdames, d*où venezvous?
MADAME SINNGLOTT.
Nous venons de la Bodinière où nous avons entendu une conférence de M. Egreth.
ANTONIA
C'était beau?
MADAME ROLLEBOISE
Admirable! Il a parlé comme un dieu! En voilà un qui comprend la femme !
MADAME SINNGLOTT.
Les femmes.
LISTEL
Sa femme.
MADAME DANGLEJAIS.
Et quel était le sujet de sa conférence ?
MADAME SINNGLOTT.
Que la femme avait le droit de recevoir, sans le concours de son mari, les sommes provenant de son travail personnel, et d'en disposer librement.
LISTEL
Ça'.lui va bien... c'est exquis.
ANTONIA
Écoutez,' Listel, vous êtes vraiment trop méchant.
Maisjje ne dis rien.
LE DOMESTIQUE, annonçant.
Monsieur Roger Dembrun.
Roger va saluer Antonia, qui !• présente aux diCértntes personnes qui sont là.
326 L'AEFUANCHIE
LISTEL, en lui serrant la main.
Nous étions destinés à nous rencontrer aujourd'hui, cher monsieur.
ROGER
En effet.
ANTONIA
Nous étions en train de parler féminisme ; ces dames sont fort excitées : elles viennent de la conférence de M. Egreth.
ROGER
Ah ! oui.
MADAME SINNGLOTT.
Vous y étiez, monsieur ?
ROGER
Non, mais je l'ai déjà entendu parler.
MADAME ROLLEBOISE
N'est-ce pas, monsieur, qu'il a beaucoup de talent?
Non, madame, mais c'est un orateur : il dit des choses vagues avec la dernière violence.
MADAME SINNGLOTT.
D'abord, et es- vous féministe, monsieur ?
ROGER
Ça dépend des femmes, madame, et ça dépend aussi de ce qu'elles demandent.
MADAME ROXLEBOISE.
. Mais nous ne demandons que des choses fort justes : par exemple que la femme mariée ne soit pas l'éternelle mineure sous la tutelle de son mari, qu'elle ait voix délibérative pour l'éducation de ses enfants, que, même sous le régime de la communauté, elle ait le contrôle de l'administration de sa fortune et puisse être prévenue à temps si son mari est en train de lui manger sa dot...