ACTE PREMIER
tranquille, dans le bon calme, le cher repos... 'alors on n'a plus de routes à choisir.
VÉTHEUIL
Mais ce n'est pas vivre.
CLAUDINE
Sans doute.
VÉTHEUIL
Et vous, trouvez- vous la vie amusante?
CLAUDINE
Amusante, non... seulement, j'ai un ami très sûr, très dévoué et pour lequel j'ai une profonde affection; j'ai une fille que j'idolâtre, je suis entourée d'un certain luxe; je ne me trouve pas à plaindre et je ne m'ennuie pas. Voilà tout ce que je peux vous dire.
VÉTHEUIL
Ce n'est pas à moi que vous le dites.
CLAUDINE
Et à qui donc?
VÉTHEUIL
A vous... vous voulez vous persuader vous-même.
CLAUDINE
Mais je vous défends de me prêter de semblables pensées, c'est de l'impertinence...
VÉTHEUIL
C'est de la psychologie.
CLAUDINE, riant.
C'est du viol!
VÉTHEUIL
Eh bien, moi, je l'ai en ce moment ce bon calme, ce cher repos dont vous parlez; mais j'ai besoin d'autres choses, j'ai besoin d'émotions, de troubles, d'angoisses, de joies et de souffrances même, oui, oui, de souffrances.
U AMA^Tô
CLAUDINE
Ah! je comprends bien ce que vous voulez dire... et quajid on ne les a pas, ces émotions, ces troubles, on se dit : Qu'est-ce que je fais? Il semble que Ton perd son temps, et l'existence pourtant douce que Ton mène vous est si pénible dans sa douceur même, que Ton songe aux souffrances passées pour pouvoir souffrir encore.
VÉTHEUIL
Absolument.
CLAUDINE
Enfin, d'après tout ce que vous me dites, vous êtes mûr pour une grande passion ?
VÉTHEUJL.
Vous aussi.,
CLAUDINE
Taisez-vous ! (Montrant Denise qui entre avec Miss.) TCUCZ, la
voilà, ma grande passion!