‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 226 sur 237 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

JULIETTE

Mais si, c'est bien simple, allez, le vieux réchaud de nos mères ; je ne tiens pas à avoir une moH originale. C'est bien grisette, le réchaud, mais je veux, avant tout, ne pas souffrir. C'est très commode, on s'endort, ornie se réveille pas.

ROGER

Mais vous êtes si jeune ! Pensez donc, vous avez toute la vie devant vous... vous vous guérirez, vous oubherez.

JULIETTE

Vous croyez qu'on oublie comme ça, vôu« ?

ROGER

Mais oui, et vous rencontrerez un brave garçon qui vous aimera comme vous le méritez, car vous avez un cœur plein de tendresse...

JULIETTE

Ah ! ça m'a bien servi d'avoir le cœur que vous dites! Je crois, au contraire, que c'est une raison potir n'être jamais heureuse. Et puis, d'abord, j'ai toujours dit ^ Pierre que je me tuerais.

ROGER

Mais il ne faut pas vous croire engagée pour ça! Oui, je sais bien que vous le lui avez toujours dit et sans cesse répété. Et vous vous étonnez qu'il n'ait pas eu de franchise ! Mais reconnaissez qu'il lui était bien difficile d'en avoir devant de telles menaces, et qu'il n'était guère encouragé à vous faire part de la mort da son amour, devant une telle responsabilité. Il voulait concilier votre bonheur et le sien; c'est toujours la même histoire. Oui, vous avez eu tort de le lui dire, mais vous auriez encore plus tort de le faire. D'ahoi'd, vous n'en avez pas le droit, non, vous n'en avez pas le droit. ^

JULIETTE

Ça ne regarde que moi, je suppose.

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