‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 23 sur 237 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

CLAUDINE, VÉTHEUIL, quand Miss et Denise sont parti», CLAUDINE.

C'est un type, ma fille. (peiusUence.) Non, décidément, je pense à ce que nous disions tout à l'heure : le bonheur, le vrai, c'est de consacrer sa vie à oes êtres-là !

Oui, mais pour moi, c'est gelé ce honhcur-là.

CLAUDINE

Vous n'aimez pas les enfants?

VÉTHEUIL

Je les adore, mais je n'en ai pas.

CLAUDINE

Ayez-en.

VÉTHEUIL

Il faut être deux.

CLAUDINE

Ça se trouve.

VÉTHEUIL

Pas quand on cherche... et puis il y a neuf mois .terribles à passer.

CLAUDINE

Qu'est-ce que nous dirons alors, nous?

VÉTHEUIL

Oui, mais quand on a le cœur bien placé, n'est-ce pas pitoyable d'avoir mis une créature que l'on prétend aimer, dans cette position grotesque et dangereuse, car on ne sait jamais comment ça se terminera.

Heureusement que tout le monde ne raisonne pas comme vous.

VÉTHEUIL

Et puis il y a une grosse responsabilité... si on a fait un monstre!

CLAUDINE

Vous prenez les cas extrêmes.

VÉTHEUIL

Ou même un imbécile, c'est pire! car un monstre a toujours des chances de se tirer d'affaire... il y en a moins; non, j'aimerais bien prendre un enfant tout fait, tout élevé, dont je serais sûr qu'il est intelligent et joli, comme votre fille par exemple.

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