ACTE DEUXIÈME
CLAUDINE, surprise.
Qu'est-ce que vous faites?
LE COMTE
Je vous embrasse... Je ne peux plus vous embrasser?
CLAUDINE
Oh! si, si.
LE COMTE
Vous avez l'air fâché.
CLAUDINE
Fâchée? Oh! non... ça m'a surprise, voilà tout. Je ne m'y attendais pas... vous savez bien comme je suis nerveuse. Là, maintenant que je suis prévenue, vous pouvez m'embrasser. (Eiie lui tend ses joncs.) Gentiment... là, là...
LE COMTE
Là, ça veut dire assez, n'est-ce pas? Quel parfum avez- vous donc ce soir?
CLAUDINE
Mais le même que d'habitude.
LE COMTE
Peut-on savoir?
CLAUDINE
C'est un mélange à moi... je ne le dis à personne
Deux heurps sonnrnt.
LE COMTE
C'est deux hpu^p^ qui sonnent?
CLAUDINE
Oui, c'est deux heures. Dieu, que j'ai sommeil!
LE COMTE
Allons... je vais vous laisser dormir... au revoir!
CLAUDINE
Au revoir !
LE COMTE, va prùs de la fcnôlre.
Claudine!
CLAUDINE
Quoi?
LE COMTE
Vous savez quel temps il fait dehors ?
CLAUDINE
Il neige, je crois.
LE COMTE
Oui, il neige, et ça ne vous fait rien de me laisser partir comme ça ?
Comment, comme ça?
LE COMTE
Oui, enfm, je veux dire par un temps pareil.
CLAUDINE
Voyons, mon ami, vous avez votre voiture qui vous attend en bas, vous n'êtes pas bien à plaindre. Clara vous a porté une bonne boule d'eau bouillante. Je suis obligée de vous laisser partir, vous ne pouvez pas rester ici, la boule va être froide... et votre cocher, il doit geler... et votre cheval... ça n'est pas bon non plus pour le cheval.
LE COMTE
Vous avez raison, je m'en vais; mais j'aurais voulu partir avec quelque chose qui me réconforte, qui me fasse chaud au cœur.
CLAUDINE
Comment?
LE COMTE
Vous savez bien.
CLAUDINE
Voulez- vous un petit verre de cognac ?
LE COMTE
J'ai dit au cœur... ce que je voudrais, c'est un peu de ta chaleur à toi, de la chaleur de ton corps adoré.
Il la saisit.