‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 55 sur 237 · SAMBRE · texte numérisé non relu

SAMBRE

Très sympathique, surtout.

VÉTHEUIL

Oui, très sympathique, si vous saviez quel homme charmant, quel être exquis... enfin!...

SAMBRÉ.

Dites-moi donc, est-ce vrai que vous rl«'s fâché avec votre amie?

VÉTHEUIL

Gomment savez- vous ça?

s AMBRÉ.

Mon cher, tout Paris le sait... tout Paris moins un.

VÉTHEUIL

Tout Paris est trop bon de s'occuper ainsi de mes affaires. Ah! je comprends maintenant pourquoi vous êtes venu me voir; vous êtes venu faire une étude, chercher des tuyaux sur la douleur. Eh bien, ça ne me fait rien du tout, je ne souffre pas. Je souffrirai peut-être demain, peut-être dans une heure, mais, pour le moment, je me sens très bien... Voilà, docteur, vous pouvez dire ça à tout Paris.

s AMBRÉ.

Je n'y manquerai pas.

VÉTHEUIL

Je suis même heureux, oui heureux, car je suis libre !... voyez-vous, c'est ça qui me pesait le plus : l'esclavage. Ah! oui, c'est bon d'aller où Ton veut, de ne pas être obligé de rendre compte de ses actions, heure par heure, minute par minute, de revoir ses amis, de vivre sa vie enfin.

s AMBRÉ.

Mon cher, vous ne m'intéressez pas. Tant pis pour vous si votre maîtresse vous absorbait à ce point-là.

VÉTHEUIL

Vous n'avez jamais aimé, vous?

s AMBRÉ.

Je n'ai jamais aimé qu'une seule femme, et elle était de chambre; c'est-và-dire que lorsque j'avais treize ans, une bonne de ma mère exerça sur moi un singuher attrait; c'était une nommée Césarine, une Bordelaise blonde; mais à cet âge-là, notre moi est encore chancelant et brumeux, et je me rends compte à présent que Géearine n'était qu'une entité.

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