‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 57 sur 237 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

portance, et même, en ne considérant que la valeur absolue de ce qu'elles vous donnent, en se donnant corps et âme, je trouve que ça en vaut la peine.

SAMBRÉ.

Vous vous échauffez.

VÉTHEUIL

Pas le moins du monde... seulement, il y a des sensations, des émotions...

SAMBRÉ, ironique.

Des ivresses!...

VÉTHEUIL

Certainement, des ivresses dont vous ne vous doutez même pas.

SAMBRÉ.

Ah ! oui. (il déclame.) « Ange éternel des nuits heureuses, qui racontera ton silence ! 0 baiser, mystérieux breuvage, que les lèvres se versent comme des coupes altérées! Ivresse des sens, ô volupté! Oui, comme Dieu, tu es immortelle*! »

VÉTHEUIL

Il est facile de bouffonner, et d'ailleurs ça, c'est de la littérature. Mais il y a des souvenirs qu'on n'évoque pas avec des mots : c'est comme des paysages de bonheur que l'on revoit dans le silence de soi-même, des paysages attendrissants avec de grandes lignes calmes; un air que l'on entend, un parfum que l'on respire, et voilà que vous revivez avec leur intensité les heures de jadis, et que vous retrouvez l'âme que vous aviez à ces heures-là; c'est donc qu'elles valaient la peine d'être vécues. Ainsi, tenez... je me rappelle... mais non, vous ne comprendriez pas...

SAMBRÉ.

Je n'y tiens pas.

Je vous plains.

VETHEUIL.

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