ACTE QUATRIEME
Allons, il le faut!
CLAUDINE
Non, écoute, je n'ai pas la force, je ne peux pas, ne t'en va pas, je t'en supplie, je ferai ce que tu voudras, je le quitterai s'il le faut. Si je le quittais, est-ce que tu resterais ?
VÉTHEUIL
Ah! oui, je resterais, mais le feras-tu?
CLAUDINE
Oui, si tu veux.
VÉTHEUIL
Écoute, tu le feras? Tu en es bien sûre? Tu sais à quoi tu t'engages? C'est le père de ta fille, et tu sais que c'est sa vie que tu brises, qu'il n'a de foi qu'en toi? Il faut que je te dise toutes ces choses, parce qu'après ce serait irrémédiable, tu ne pourrais plus te reprendre, je te le défends.
CLAUDIN
Si j'allais le trouver, si je lui avouais tout, il est si bon... il comprendrait peut-être. Veux-tu que je lui dise que nous nous aimons et qu'il ne faut pas nous séparer...
VÉTHEUIL
Ah! tu vois bien !... tu ne peux pas... Aller le trouver... c'est fou ce que tu dis là. Il n'y a pas d'homme qui comprenne ces choses-là. Non, tu vois bien qu'il faut que je parte.
LE COCHEa, dans son patois.
Excellence, il est dix heures un quart. Nous avons juste le temps d'arriver à Locarno pour le train de onze heures, il y a de grandes montées.
VÉTHEUIL, au cocher.
C'est bien, je viens tout de suite.
CLAUDINE
Qu'est-ce qu'il dit?
lu.
iU AMANTS
VÉTHEUIL
Qu'il est dix heures un quart et que nous avons juste le temps pour être à Locarno à onze heures.
CLAUDINE
Eh bien, adieu ! (irès long baiser.) Laisse-moi te regarder, Georges, Georges, il me semble que tu meurs. Va-t'en ! va- t'en. Ne me dis plus rien !
Elle tombe sur un banc, la tête dans ses mains, et sanglote. On entend les grelots du cheval qui tintent. Le bruit s'éloigne.
Et c'est ainsi que put le quatrième acte.