ACTE PREMIER
YORICK LAMBERT
Vous appelez une âme, une âme.
COLAS
Décidément, vous ne pouvez pas me comprendre.
LUBIN
Mais si, mais si, moi je te comprends très bien, tu as raison, elles sont exquises. Vous ne savez pas ce qu'on devrait faire? On devrait leur offrir un banquet. Je vois très bien ça chez Cubât... Douze francs par tête, pour qu'il n'y ait que des gens chic.
CRESSON
Qui est celle qui cause avec ce gros monsieur?
COLAS
C'est Lola, celle qui vient de se marier.
CRESSON
Et le monsieur, qui est-ce ?
YORICK LAMBERT
Vous voulez rire ?
CRESSON
Si je voulais rire, je rirais.
YORICK LAMBERT
C'est Bladru, le député du Gers, celui qui a proposé rirnpôt sur le parvenu... un ministrt de demain.
CRESSON
Il a une bonne tête d'Auvergnat... Mais, regardez-le donc : croyez-vous qu'il lui fait du plat, à la sister? Eh bien, mon vieux, si la droite te voyait!...
LUBIN
Accompagnons-le !
ii« cbaLlcut tiu dcurdinc un ai:- arglaia.
CRESSON, se diii,- ant vers Bladru.
Pardon, monsieur, si j'interromps des épanchements
de famille, mais je ne peux résister à mon vif désir de vous féliciter...
BLADRU, interloqué.
Mais, monsieur, vraiment... à quel propos? je n'ai pasThonneur...
CRESSON
Vous avez cinq filles charmantes... Ce sont des créatures d'exception, des êtres de rêve. Ah! elles sont vraiment excitantes, et, avec ça, bonnes musiciennes... vous devez être fier...
BLADRU.
Vous devez vous tromper, monsieur... vous confondez. Je suis M. Bladru, Bladru, du Gers.
CRESSON
Quelle gaffe! Je vous demande pardon, monsieur, je suis désolé, je vous prenais pour M. Clarisson, vous avez tellement Tair d'un Anglais...
Lubin et Colas dansent la gigue; Bladru, mécontent, s'éloigne. LUBIN.
Acrais ! Acrais ! v'ià Tpatron !...
Ils s'arrêtent de danser et vont causer plus Ardan cueille
Bladru et l'emmène.