ACTE PREMIER
MADAME BLADRU.
Chère madame, soyez persuadée que je ferai tout mon possible pour vous être agréable, mais je n'ai pas une grande influence.
MADAME FLOCK
Vous en avez une énorme, au contraire... Vous êtes M^e Bladru, la femme d'un leader redoutable et qui vous craint.
MADAME BLADRU.
Pas tant qu'on le croit. Je ne pèse pas beaucoup dans les déterminations de M. Bladru.
MADAME FLOCK
Oh! je ne dis pas que vous pourriez nous faire avoir la guerre, ou même une simple charge de cavalerie sur la place de l'Opéra; mais, enfm, un homme pohtique ne peut pas s'occuper de tout... il y a des petits détails... les rubans, par exemple... Eh bien! il est évident que les rubans, ça regarde plutôt les femmes.
i, MADAME BLADRU.
Vous avez une façon de dire les choses...
MADAME FLOCK
Allons... je vous laisse.
Elle s'éloigne.
MADAME DE PAILLY
Mon Dieu, madame, ce que vient de dire si gentiment M™« Flock me met à l'aise pour vous exposer l'objet de ma démarche : il s'agit, en effet, d'un ruban pour le 14 juillet prochain...
MADAME BLADRU.
Rouge... violet... vert?
MADAME DE PAILLY
Nous sommes plus modestes : violet.