‹ Théâtre (volume 4)Chapitre 98 sur 237 · SCÈNE IV HÉLÈNE, STANY · texte numérisé non relu

SCÈNE IV HÉLÈNE, STANY

STANY.

Vous avez entendu?

HÉLÈNE

Quoi donc?

STANY.

Ma femme me donne la permission de vous faire la cour... c'est drôle!...

HÉLÈNE

Je ne trouve pas.

STANY.

Si, étant donné les sentiments que j'ai pour vousi

c'est drôle, c'est très drôle... car je vous aime, c'est une

affaire entendue vous ne voulez pas que je vous

aime?...

HÉLÈNE

Je veux que vous m'aimiez bien, que vous ayez une bonne affection pour moi.

STANY.

Vous demandez l'impossible : vous inspirez l'amour, rien que l'amour; si vous saviez comme vous êtes gentille ce soir!

HÉLÈNE

Mon cher, gentille n'est pas assez... et ce soir est de trop!

STANY.

Vous êtes adorable et je vous adore. Prenez-le comme vous voudrez.

Je ne le prends pas.

STANY.

Vous me traitez comme un jeune homme sans importance.

HÉLÈNE

Vous ne croyez pas si bien dire : vous ne serez jamais qu'un gigolo, et même, si vous mourez à quatre-vingts ans, c'est une âme de vieux gigolo que vous rendrez à Dieu; mais je vous traite surtout comme le mari de ma meilleure et de ma seule amie. Je commence par vous dire que rien, mais rien ne m'attire vers vous; mais je serais folle, vous entendez, folle de vous, que cette amitié qui existe entre votre femme et moi m'empêcherait de me l'avouer à moi-même.

STANY.

Vous êtes le contraire de bien des femmes.

HÉLÈNE

Tant pis pour bien des femmes ! Mais, vous-même, vous n'êtes pas honteux de me poursuivre ainsi et de

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