SCENE V JULIETTE, JEAN
l'n sileiue.
JEAN
Je suis très triste, mademoiselle, de quitter la maison où vous vivez, le jardin où nous nous sommes promenés ensemble, ce salon où nous avons... où j'ai passé des heures claires. Je suis infiniment triste de quitter tout ça... et vous?
Moi, je ne sais pas... je ne quitte pas tout ça, puisque je reste.
JEAN
C'est vrai.
JULIETTE
Nous devrions peut-être aller retrouver ces dames.
JEAN
Vous craignez donc de rester seule avec moi?
JULIETTE
Oh! non.
JEAN
Écoutez, mademoiselle, il faut que je vous parle, que je vous demande, que vous m'expliquiez... Enfin, qu'y a-t-il de changé en vous?
JULIETTE
Mais, rien, monsieur... Je ne sais pas ce que vous voulez dire.
JEAN
Mais si, vous le savez très bien : hier, vous m'appeliez Jean et je vous appelais Juliette. Vous ai-je déplu? Ai-je eu tort de vous remettre hier soir cette lettre?... Mais comprenez qu'il y a des choses précises, définitives, qu'il est difficile de dire... on ne le pourrait pas, les paroles s'arrêteraient dans la gorge. Alors, on les écrit, on a plus de courage. Sans doute, il eût été plus correct de parler à vos parents. Aussi bien, nous ne nous sommes pas connus dans des circonstances banales. Je ne vous ai pas été présenté dans un salon. Alors je pensais... Si je vous ai offensée, je vous en demande pardon.
JULIETTE
Oh ! non, je ne suis pas offensée.