‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 114 sur 227 · SCENE V JULIETTE, JEAN · texte numérisé non relu

SCENE V JULIETTE, JEAN

l'n sileiue.

JEAN

Je suis très triste, mademoiselle, de quitter la maison où vous vivez, le jardin où nous nous sommes promenés ensemble, ce salon où nous avons... où j'ai passé des heures claires. Je suis infiniment triste de quitter tout ça... et vous?

Moi, je ne sais pas... je ne quitte pas tout ça, puisque je reste.

JEAN

C'est vrai.

JULIETTE

Nous devrions peut-être aller retrouver ces dames.

JEAN

Vous craignez donc de rester seule avec moi?

JULIETTE

Oh! non.

JEAN

Écoutez, mademoiselle, il faut que je vous parle, que je vous demande, que vous m'expliquiez... Enfin, qu'y a-t-il de changé en vous?

JULIETTE

Mais, rien, monsieur... Je ne sais pas ce que vous voulez dire.

JEAN

Mais si, vous le savez très bien : hier, vous m'appeliez Jean et je vous appelais Juliette. Vous ai-je déplu? Ai-je eu tort de vous remettre hier soir cette lettre?... Mais comprenez qu'il y a des choses précises, définitives, qu'il est difficile de dire... on ne le pourrait pas, les paroles s'arrêteraient dans la gorge. Alors, on les écrit, on a plus de courage. Sans doute, il eût été plus correct de parler à vos parents. Aussi bien, nous ne nous sommes pas connus dans des circonstances banales. Je ne vous ai pas été présenté dans un salon. Alors je pensais... Si je vous ai offensée, je vous en demande pardon.

JULIETTE

Oh ! non, je ne suis pas offensée.

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