‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 136 sur 227 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

CHRISTIANE

A propos, j'ai lu le roman de votre amie, Mme Hurtz.

LE GRAFFIER.

Ah! Eh bien?

CHRISTIANE

C'est très amusant, surtout après ce que vous m'avez raconté sur elle. A lire son livre, on croirait qu'il n'y a pas assez de volupté sur toute la terre pour étancher sa soif ardente !

LE GRAFFIER.

Et, pourtant, elle est froide comme le marbre.

CHRISTIANE

J'ai envie d'écrire, moi aussi.

LE GRAFFIER.

A qui?

D'écrire... enfin, d'écrire.

LE GRAFFIER.

Pourquoi faire?

CHRISTIANE

Pour ne pas me faire remarquer.

LE GRAFFIER.

Vous pourriez... vous êtes intelligente, vous avez beaucoup d'esprit.

CHRISTIANE

Quand je parle, peut-être; mais, dès que je veux noircir du papier, je deviens stupide.

LE GRAFFIER.

Parce que vous réflécliissez.

22cS PAU AI TUE

M. MARGES, entrant par la porto de gauclie.

Bonjour, ma chère Christiane! Bonjour, monsieur!

CHRISTIAKE.

Comme vous avez chaud!

MARGES

Ma femme n'est pas partie?

CHRISTIANE

Non, elle est encore là; mais elle vous attend, elle vous cherche, elle est très inquiète.

LE GRAFFIER.

Vite, vite, faites- vous porter rentrant.

MARGES

Je crois bien. Où est-elle?... Où est-elle? .

CHRISTIA.NE.

Dans la chambre de son petit-hls qui prend un bain.

MARGES

J'y vais... Au fait, j'oubliais de vous dire : Paul est nommé.

CHRISTIANE

Oui, oui, je sais... au Commerce.

MARGES

Non, à la Marine

CHRISTIAiSE.

Le Graffier vient de me dire : au Commerce.

M. MARGES, déjà loin.

A la Marine, à la Marine.

CHRISTIANE

C'est fou!

Page 1