ACTE DEUXIÈME
JULIETTE
Qui donc retombe en enfance?
CHRISTIAÎsE.
Quelqu'un que tu ne connais pas, ma chérie.
JULIETTE
Et je préfère ne pas le connaître s'il est dans cet état-là. Vous faites encore des potins.
LE GRAFFIER.
Encore, c'est un reproche.
JULIETTE
Oh! non, j'aime beaucoup quand les gens causent entre eux, chez moi ; ça facilite l'ouvrage de la maîtresse de maison. xVh! si tout le monde était comme vous... mais je ne veux pas vous déranger, (a Christianc.) Je venais simplement te dire que ta mère est partie avec maman.
A ce moment, Madame Huitz fuit son entrée ilans le grand salon,
christia:^e.
Ah! voici Mme Hurtz!... Je la trouve si jolie, cette femme-là!... elle s'arrange avec tant de goût... elle a toujours l'air d'un portrait.
JULIETTE
Oui, peut-être un peu trop de fourrure au mois de juin.
LE GRAFFIER.
Elle a toujours froid.
' JULIETTE
Si elle avait tellement froid, j'imagine qu'elle ne serait pas décolletée avec une robe de dentelles. Il y a sans doute là une idée qui m'échappe... c'est peut-être un symbole!...
236 PATS AU RE
LE GRAFFIER.
Ça doit en ctre un.
Madame Hurtz a échangé quelques mots dans le grand saUn :ivec Jean Raidzell, qui la guettait près de la porte et l'amène ensuite auprès de Juliette.
JIADAME HURTZ.
Bonjour, madame!
JULIETTE
Bonjour, madame!
MADAME HURTZ.
Excusez-moi de venir à cette heure-ci... A vrai dire, je craignais de ne plus trouver personne.
JULIETTE
On savait que vous deviez venir, madame... il y a par là quelques-unes de vos admiratrices qui n'ont pas voulu s'en aller sans vous avoir vue. Je vais vous conduire auprès d'elles.
MADAME HURTZ.
Oui... dites-leur que je suis à elles dans un instant. J'ai quelques mots à dire à votre mari... vous permettez... c'est au compositeur que j'ai affaire... c'est pour un recueil de mélodies.
JULIETTE
Mais je vous en prie.
MADAME HURTZ.
Faites patienter ces dames.
JULIETTE
Oh! elles attendront tout le temps qu'il faudra.
Elle va dans le grand salon. Clirisliane et Le Graffier se sont éloignés; Madame Hurtz et Jean deuieureut seuls.