ACTE UELXIÈME 25J
JEAN
Il n'est pas nommé?
CHRISTIANE
Non!
JEAN
C'est contrarir'int. Vous devez être contrariée.
CHRISTIANE
Oh! Je m'y attendais... Quand celui-là arrivera à quelque chose!... Avec lui nous sommes destinés à rester dans la médiocrité.
JEAN
S'il n'est pas ministre, il pourra plaider cette affaiie d'héritage dont Eugène lui a parlé.
CHRISTIANE
S'il veut la plaider!...
JEAN
Pourquoi ?
CHRISTIANE
Vous savez bien que son parti n'admet que l'hévitage direct, et vous n'êtes que les héritiers indirects de votre vieille cousine décédée.
JEAN
Mais nous sommes les seuls.
CHRISTIANE
Je ne vous dis pas... Paul aura des scrupules.
JEAN
Vous les lèverez... Vous saurez bien le décider.
CHRISTIANE
Il faudra bien... il faut vivre, n'est-ce pas? Ah ! la vie n'est pas gaie!
JEAK.
A qui le dites- vous?
CHRISTIANE
Pas à vous, toujours, qui êtes le plus heureux des jommes.
JEAN
Ne croyez donc pas ça.
CHRISTIANE
Qu'est-ce qui vous manque?
JEAN
L'homme heureux est celui qui est libre, libre, comprenez-vous?
CHRISTIANE
Je vois ce que c'est : on vous aura empêché de faire quelque sottise... on ne réclame jamais sa liberté pour faire une action d'éclat.
JEAN
Oh! ce n'est pas une sottise... je vous fais juge... Mme Hurtz nous a demandé de dîner avec elle, ce 3oir, dans l'ile, au Bois, avec quelques amis... On a improvisé ce dîner pour l'apparition de son roman. C'est une soirée amusante à passer, pas banale... mais Juliette ne veut pas m'y accompagner.
CHRISTIANE
Elle a une raison.
JEAN
Nous devions dîner ce soir en tête-à-tête... entête-àtête!... noussommes aujourd'hui le 18 juin... Ça ne vous dit rien? C'est le 18 juin, il y a trois ans, que j'ai demandé à Juliette d'être ma femme. C'est donc un iimiversaire... et vous savez si on a la manie des anniversaires, dans la famille Marges.