‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 165 sur 227 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MADAME DEGUINGOIS, GHRISTIANE.

Au lever du rideau, Madame Deguingois, assise à une table, écrit des menus ; on l'entend dire à mi-voix : « Potage à la Reine, filets de sole moscovite, truffes au cliampagne, glace tsarine, etc. » Quelques secondes, puis Ghristiane entre, précédant un domestique et un homme qui apporte des chaises et une banquette d'antichambre modem slyle.

GHRISTIANE.

Posez ça là. (a sa mère.) Je fais débarrasser l'antichambre pour ce soir... Comprends-tu qu'on vient seulement de m' apporter mes appliques d'électricité... on devait venir les poser avant-hier.

MADAME DEGUINGOIS.

Ils attendent toujours au dernier moment.

. Le domestique et l'homme sont sortis. GHRISTIANE.

Tu écris les menus.

J'ai fini. Je vais écrire les cartes, mainteiiuul. Voyons, que je prenne la liste. Nous disons : le comte i!e Gravigny et la comtesse, le général Prieur dr Lesville et la générale... Mme Humphing, Mme de Bénauge, Bugard, de l'Académie française, Bladru (du Gers), et, naturellement, les Raidzell, Jean et Eugène, et moi, pour ne pas m'oublier. II sera très réussi, ton dîner : le menu est sérieux et, comme convives, un académicien, un comte, un général, un ministre et une Américaine; on ne fait rien de mieux.

CIIRISTIAN'E.

Seulement, on sera obligé de fumer dans l'antichambre, mais on ne peut pas décemment amener ce? gens-là ici... tant que Paul s'entêtera à ne pas avoir un autre cabinet... j'aime mieux ne pas y penser; ça me met en colère.

31 A DAME DEGUINGOIS.

Je te comprends.

CHRISTIANE

Enfin, on établiia le vestiaire dans sa chambre et, avec les meubles de ton salon que tu me prêtes et les plantes qu'on va apporter, l'antichambre fera un fumoir très convenable.

MADAME DEGUINGOIS.

Et puis, tu sais, chez les Ernstein, on fume bien dans la galerie.

CHRISTIANE

Oui, mais quelle galerie!

Sur ces derniers mois, le domeslique a introdiiil Jean R»idz>'ll.

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