ACTE QUATRIEME
GERMAINE
Bonjour, Paul.
PAUL
Bonjour, Germaine.
JULIETTE
Mais comment se fait-il?... Je ne t'attendais pas, je te croyais à Paris, dans tes élections.
PAUL
Oui, tu ne m'attendais pas... personne ne m'attend
Naturellement, puisque tu n'as pas prévenu /le ton arrivée... tu n'as même pas envoyé une dépêche. Alors, tu as pris le train hier soir?
PAUL
Oui, le rapide de 7 h. 40.
JULIETTE
Tu as l'air fatigué... tu n'as pas dormi?
PAUL
Non, je n'ai pas dormi.
JULIETTE
Tù ne veux rien prendre?
PAUL
Non, merci, je n'ai besoin de rien.
JULIETTE
Quel temps fait-il à Paris?
PAUL
Je ne sais pas.
Pendant ces dernières répliques, Germaine est sortie.
JULIETTE
Ici, tu vois, c'est le soleil, les fleurs.
Oui, le soleil, les fleurs! un beau temps pour les amants!... Christiane n'est pas là?
JULIETTE
Non, elle est allée faire une course rue d'Antibes, je erois.
PAUL
Et ton mari n'est pas là non plus?
JULIETTE
Jean? Non, il est sorti.
PAUL
! Avec elle, probablement. ;
JULIETTE
Je ne sais pas.
PAUL
C'est certain... et tu les laisses! Ah! tu es vraiment bonne fille, toi.
JULIETTE
Pourquoi dis-tu ça?
PAUL
Pourquoi je dis ça? Parce qu'avant-hier soir, en pleine réunion, parmi d'autres injures purement électorales, celles-là, on m'a jeté à la face la pire insulte, celle qui m'atteignait à la fois dans mon honneur et dans mon amour pour Christiane. On m'a accusé, moi, d'avoir acheté comme avocat la clientèle des Raidzell, non seulement au prix de complaisances politiques, mais encore au prix de complaisances conjugales. Et j'ai entendu toute une salle, toute une salle qui ricanait,