ACTE QUATRIÈME
PAUL, sursautant.
Qu'est-ce que c'est?
JULIETTE
C'est la cloche du déjeuner, le premier coup du moins... on déjeune dans un quart d'heure. Comme tu es encore nerveux !
PAUL
Mais, au fait, quelle raison vais-je donner de mon arrivée à l'improviste?
JULIETTE
Le besoin de te reposer, loin des réunions publiques... d'après ce que tu m'as raconté, le prétexte est vraisemblable.
PAUL, se reprenant peu à peu
Il est même vrai... je renonce à la politique... j'en ai le dégoût... Mais on s'étonnera que je n'aie pas envoyé de dépêche... oh! je dirai que j'avais cru l'avoir envoyée, que je l'ai retrouvée dans une de mes poches... Oui, je renonce à la politique. D'ailleurs, ma carrière est brisée... je ne serai pas réélu. Tant mieux! je vais être libre... je vais faire comme les autres; il faut avant tout gagner de l'argent à notre époque, et je serai l'avocat des causes fructueuses et bien rémunérées. Aussi bien, c'est ma faute si, depuis quelques semaines, la discussion et la rébellion sont dans mon ménage... Christiane n'est pas faite pour une existence médiocre... Le Baron a raison, c'est une maîtresse!... je veux pouvoir lui donner désormais tout ce qu'elle désire.
Sur ces derniers mots, Madame Marges avec Madame Dçguingois, puis Germaine, sont entrées dans le salon.