ACTE ULATRIEME
MADAME DEGUINGOIS.
Vous parlez sérieusement?
PAUL
Très sérieusement.
MADAME DEGUINGOIS.
Je trouve que vous avez tort... on ne doit jamais abandonner une partie.
Oh! la partie est trop compromise... je me désisterai en faveur de quelque ami.
MADAME DEGUINGOIS.
Vous n'allez pas retourner à Paris? Voyons, Julie, dites-lui...
MADAME MARGES
Paul est assez grand pour savoir ce qu'il a à l'aire.
Cependant Christiane est entrée par la baie du jardin. CHRIST! ANE.
Bonjour, Paul !... C'est gentil de nous avoir fait cette surprise; mais tu aurais pu envoyer une dépêche... c'est par le domestique que j'apprends que tu es là. Si j'étais une femme émotionnable, pourtant!
PAUL
Tu reviens de te promener?
CHRISTIANE
Oui, nous nous sommes promenés avec Jean... il vient derrière moi... j'avais peur d'être en retard pour le déjeuner... le Haron est déjà dans la salle à manger...
il meurt... de faim! (Elle va vers Juliette qui cause avec Ger-
laine.) Roujour, ma chérie!... Au fait, on ne s'est pas vu de la matinée.
Elle veut l'embrasser, mais Juliette, dans une révolte soudaine, la repousse.
Ah ! non, pas ça, pas ça, pas ça! Ne m'embrasse pas, ne me touche pas.
CHRISTIANE
Mais...
PAUL, à sa sceur.
Ah ! tu vois bien. (Et prenant Christiane rudement par le
poignet.) Jean est ton amant?
CHRISTIANE
Ah! lâche-moi! (Et dans le défi.) Eh bien, oui, il est mon amant. Après? -n-» - ■-
JULIETTE
Hors d'ici, misérable, je te chasse, entends-tu, je te chasse !
Elle a une crise de nerfs. Germaine et sa mère s'empressent auprès d'elle.
CHRISTIANE
Oh ! tu peux bien me chasser, il viendra me rejoindra,
PAUL
Avant qu'il te rejoigne, moi, je l'aurai atteint.
CHRISTIANE, courant vers le jardin.
Ne venez pas, Jean, ne venez pas ! ]
Mais Jean apparaît, montant les degrés du perron, souriant, la cigarette aux lèvres, Madame Deguingois s'accroche à Paul; mais il la rejette brutalement de côté, sort son revolver de la poche, et tire sur son beau-frère. On voit Jean tomber au milieu des fleurs.
Rideau.