SCÈNE PREMIÈRE PAUL, LE BARON
Au lever du rMeau. Paul est assis. Le Baron est auprès de lui. To4t£ deux silencieux.
PAUL
On est allé chercher un médecin?
LE BARON
Oui.
PAUL
Il doit être arrivé ?
LE BARON
Oui... il est là-haut auprès de ce malheureux; mais je ne crois pas qu'il puisse le sauver.
PAUL
Et Christiane?
LE BARON
Disparue... Elle est partie avec sa mère.
PAUL, se levant brusquement.
Je ne regrette rien.
36 i PARAITRE
LE BARON
Tu ne regrettes pas d'avoir tué un homme?
PAUL
Cet homme était l'amant de ma femme. C'est ellemême qui me l'a avoué, qui me l'a crié, là, tout à l'heure... En tout cas, je n'aurai pas été un mari complaisant, comme ils m'en ont accusé, avant-hier, dans cette réunion.
LE BARON
PAUL
Quoi? vous ne comprenez pas ça?
LE BARON
Je songe à ce malheureux qui est tombé la, couvert de sang, que j'aiaidé à relever, à transporter là-haut, dans sa chambre. C'est une chose horrible et que je n'oublierai jamais. Et tu me dis que tu ne regrettes rien... tu me parles d'injures proférées dans une réunion... Alors, c'est effrayant! Tu n'as pas voulu paraître un mari complaisant : c'est cette pensée-là qui t'a fait agir?... Mais tu avais d'autres moyens de te mettre au-dessus d'une pareille accusation... et tes électeurs ne t'avaient pas, pour cela, donné mandat de tuer.
PAUL
De me faire justice...
LE BARON
Crime passionnel... Évidemment, tu seras acquitté, puisqu'on rabaisse la passion au niveau de l'épilepsie et de l'alcoolisme. Si la plujiart de ceux qui voient rouge, en pareil cas, n'avaient pas cette certitude, on tirerait moins souvent le revolver et le couteau.
Vous n'avez pas pitié de moi... Vous ne savez donc