‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 223 sur 227 · ACTE QUATRIÈME · texte numérisé non relu

ACTE QUATRIÈME

qu'elle fût heureuse, et voilà qu'en une minute tout est démoli.

LE BAROiN.

Elle a son enfant, ça la sauvera.

MARGES

Elle aimait son mari, aussi; elle l'adorait.

LE BARON

Oh ! celui-là, si tu veux mon avis, n'était les circonstances, je ne regretterais pas autrement que Juliette en fût débarrassée. Ton gendre était un inutile, il n'a même pas su rendre ta fille heureuse. Il n'a pas compris quel trésor il avait entre les mains; elle n'aurait jamais été heureuse avec lui. Tôt ou tard, d'une manière ou d'une autre, ils se seraient séparés. C'est donc une délivrance.

MARGES

Une délivrance !

LE BARON

Sans doute. Sois persuadé que Juliette, au fond de sa très grande douleur, et sans même se l'avouer, en a le sentiment.

MARGES

Je sais bien, je sais bien... mais c'est égal, elle souffre, n attendant.

LE BARON

Et puis, elle vivra au milieu de vous. Il est probable que vous allez passer quelques mois dans ^•otre vieille maison de Pressagny. Ce sera le calme, la tranquillité, le repos dont vous avez tous besoin. Estimez-vous encore heureux d'avoir une retraite toute préparée.

Ail : (lui, une retraite, où vivre simplement... Est-ce

que tu te doutais de ce qu'il y avait entre Christiane et Jean?... Je n'avais rien remarqué, moi!

LE BARON

Parce que tu avais d'autres préoccupations. Chacun n'est occupé que de ses propres affaires.

MARGES

Mais, toi, tu savais?

LE BARON

Hélas! nous en avions encore parlé avant-hier avec ta femme. Nous pensions que c'était un caprice de Jean, et que le temps arrangerait les choses. Nous ne pouvions pas croire, n'est-ce pas, à un dénouement si proche et si tragique. Et puis, il faut tout dire, ni l'un ni l'autre nous n'aurions voulu nous mêler de ce qui ne nous regardait pas !

Sur ces derniers mots, Eugène Raidzell est entré.

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