SCENE PREMIERE CÉCILE. SUZANNE
Au lever du rideau, Suzanne est en train de nieltre son chapeau. CÉCILE.
Décidément, je le trouve délicieux, votre chapeau: il vous va très bien. C'est Charlotte qui vous l'a fait?
Oui, c'est Charlotte.
CÉCILE
Elle ne manque pas de goût, c'est dommage qu'elle soit si inexacte.
SUZANNE
Ah! ça, on ne peut pas compter sur elle.
CÉCILE
Voilà dix jours que je lui ai commandé ime toque; je suis encore à l'attendre. Il laut même que je lui écrive un mot.
SUZANNE
C'est un type extraordinaire; j'aime beaucoup à la faire causer; sa franchise me plaît.
CÉCILE
Oh! ce serait une amie délicieuse, mais c'est une modiste insupportable.
SUZANNE
Alors, Cécile, vous allez rester enfermée par ce beau temps?
CÉCILE
J'attends M. Soindres.
SUZANNE
A* quelle heure doit-il venir?
Je pense qu'il ne va pas tarder. Il m'a dit qu'il passerait me voir après déjeuner.
SUZANNE
Eh bien, moi, je veux profiter de cette belle lumière pour aller voir des tableaux.
CÉCILE
Vous allez au Salon ?
SUZANNE
Oui!
CÉCILE
Et après, qu'est-ce que vous faites?
SUZANNE
Rien.
CÉCILE
Alors, revenez donc me prendre ici à quatre hem-es... nous monterons au Bois, si vous voulez.
SUZANNE
C'est entendu... le Bois est si joli en ce moment! Les marronniers, les aubépines, les lilas, tout est en fleurs ot, parmi les tendres verdures, ça fait des gros bouquets roses, blancs, jaunes, violets : c'est merveilleux. Ali! j'adore cette époque.