SCENE IV CÉCILE, SOINDRES
SOINDRES.
Elle est vraiment charmante, Mlle Motreff... ce que j'aime en elle, c'est son air de bonté véritable.
CECILE
Suzanne, oui... c'est une des rares personnes dont on puisse dire du bien, même quand elle n'est pas là... surtout quand elle n'est pas là.
SOINDRES.
Vous êtes méchante.
Enfin, vous l'aimez encore davantage parce qu'elle est partie et qu'elle vous a donné ainsi une nouvelle preuve de sa bonté véritable.
SOINDRES.
C'est vrai, je n'ai d'heureux que les instants que je passe seul auprès de vous.
CECILE
Charlotte sort d'ici.
SOINDRES.
Ah! comment va-t-elle?
CÉCILE
MaL Elle est amoureuse folle.
SOINDRES.
Folle est un pléonasme, amoureuse suffît.
CÉCILE
Et vous ne devineriez jamais de qui?... de M. Menkjer.
SOI^'DRES.
Mais est-elle bien certaine d'être amoureuse?
Dame! d'après ce qu'elle nous a dit, elle ne mange plus, elle ne dort plus, il lui est impossible de travailler et elle éprouve continuellement une sorte d'angoisse qu'elle ne peut définir.
SOINDRES.
Elle a de l'oppression précordiale av'.'C dyspnée.
CÉCILE
Elle exprime cela en moins de mots, elle dit qu'elle a du gribouillis.
SOINDRES.
Oh ! du gribouillis.
CÉCILE
Je trouve que c'est plus pittoresque, ça fait image. Dites-moi, vous qui expliquez tout, comment expliquezvous que Charlotte soit amoureuse du docteur norvégien Menkjer, car enfin...
SOINDRES.
Ça peut s'expliquer par l'ascendant de professeur à élève.
CÉCILE
Expliquez cette explication.