ACTE DEUXIÈME
éloges sur vous. Quelle femme! Quelle ligne! Quel esprit! Le fait est que vous aviez un éclat incomparable. Vous étiez d'abord habillée à ravir, comme toujours... mais vous aviez quelque chose en plus... et puis vous avez été très aimable avec lui.
Taisez-vous donc !
GALBRUN.
Encore une victime. Ah ! vous êtes admirable. Les jeunes, les vieux, les pauvres, les riches, les sots, les gens intelligents...
CÉCILE
Ils sont bien rares.
GALBRUN.
... vous les rendez tous amoureux de vous. Pour un spectateur désintéressé, je vous assure, c'est extrêmement amusant. Dans quelle catégorie rangeriez-vous Mme de Gerberoy, monsieur Soindres?
SOINDRES.
Gomme quoi, monsieur?
GALBRUN.
Mais comme femme.
SOINDRES.'
Je ne sais pas.
GALBRUN.
Si l'on pouvait former un mot français avec un mot grec et un mot anglais, vous seriez une polyflirt.
Cependant, Cécile a sonné; le domestique apparaît. CÉCILE.
Le thé est prêt, Adrien?
ADRIEN
Oui, madame.
CÉCILE
Apportez-le avec trois tasses, (ii sort.) Vous prendrez bien une tasse de thé, Galbrun?
GALBRTN.
Volontiers
CÉCILE
Et vous, monsieur Soindres?
SOINDRES.
Moi, je m'en vais.
CÉCILE
Vous vous en allez? Attendez donc! vous n'êtes pas pressé.
SOINDRES. i^Ê
Si, si, j'ai à travailler... c'est-à-dire, je viens de me rappeler... il faut que je passe chez mon éditeur avant dîner.
CÉCILE
Qu'est-ce que c'est que cette plaisanterie? Vous irez demain chez votre éditeur. D'abord, vous savez bien, j'ai à vous parler... J'ai à vous parler.
GALBRl N.
Mais je vais vous laisser.
CÉCILE
Pas du tout... vous prendrez une tasse de thé... ou un verre de porto.
GALBRIN.
Non, non, je vous assure. — Je n'ai besoin de rien, je n'ai jamais eu tant besoin de rien.
Adrien apporte le thé .