ACTE DEUXIÈME
GALBRUN.
Écoutez, après ce que vous venez d'en dire, si je ne l'avouais pas, j'aurais l'air d'en rougir.
CÉCILE
C'est une excuse. Alors, vous la voyez toujours. Vous ôtes resté son ami... c'est assez rare.
GALBRLN.
La vie, c'est le passé, le présent et l'avenir. Je connais un homme qui est toujours amoureux de trois femmes : celle qu'il a quittée, souvenirs et regrets; celle qu'il possède, satisfactions immédiates; et celle qu'il aura et qu'il ne connaît pas encore, illusions et rôves.
CÉCILE
\'ous entendez, monsieur Soindres. Dans quelle catégorie rangeriez- vous cet homme-là?
SOINDRES.
Comme quoi, madame?
CÉCILE
Comme amant.
Je ne sais pas.
SOINDRES.
CECILE
Et vous, Galbrun, que penseriez-vous d'une femme qui aurait dans son cœur trois compartiments : un pour le présent, un pour le passé et un pour l'avenir?
GALBRUN.
Oh ! ce ne serait pas une femme.
CÉCILE
Évidemment... chaque fois qu'une femme peut agir comme un homme, c'est une fdle. Ah ! vous êtes bien tous les mêmes...
GALBRUN.
Je n'ai pas dit ça; mais une femme doit appartenir tout entière à l'homme qu'elle aime... elle peut aimer plusieurs hommes, mais pas à la fois, successivement.
CÉCILE
Le mieux pour elle, c'est de n'aimer personne.
GALBRUN.
La femme qui n'aime personne est la plus tentante. Je ne dis pas ça pour moi... je ne pourrais pas aimer une femme qui ne m'aimerait pas ou, du moins, qui ne me le ferait pas croire.
Ça revient au même.
GALBRUN.
Vous savez que Dunechaux est parti très impressionné, avant-hier.
CÉCILE
A propos de quoi?
GALBRUN. '''
A propos de vous.
CÉCILE
Ce n'est pas bien dangereux.
GALBRUN.
Ne vous y fiez pas... il a beau être grand-père, ça ne l'empêche pas d'avoir un rez-de-chaussée où recevoir des petites femmes... une garçonnière.
CÉCILE
Une vieilhommière, vous voulez dire.
GALBRUN.
Il est tout à fait emballé : il ne tarissait pas en