‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 54 sur 227 · ACTE TROISlÈMi · texte numérisé non relu

ACTE TROISlÈMi

MADAME DE BOISDUGAND.

\'ous êtes aussi très bien installée. Vous avez le plus joli chalet de Trouville.

MADAME GALENIZZI.

Oui, mais c'est Trouville, le monde, le chic, les potins. Ici, on est loin de tout cela... on est à la campagne.

MADAME DE BOISDUGAND.

Ah! il faut aimer la campagne pour habiter ici... et ce n'est pas commode pour la nourriture.

MADAME GALENIZZI.

Vous vous approvisionnez sans doute à Honfleur... c'est tout près.

MADAME DE BOISDLGAND.

Il y a encore six kiJomt^tres.

MADAME GALENIZZI.

Et puis vous n'êtes pas très nombreux.

MADAME DE BOISDUGAND.

Mais si, chère madame, il n'y a pas beaucoup de logement, c'est vrai, et nous ne pouvons pas avoir beaucoup d'invités à la fois... n'empêche que nous sommes touj ours au moins douze à table.

BOISDUGAND.

Ça vaut mieux que d'être treize.

MADAME DE BOISDUGAND.

Et six personnes à la cuisine. Songez donc ! quand il faut nourrir tout ça.

LA GÉNÉRALE

En ce cas, ma chère Gabrielle, combien je regrette que mon neveu arrive demain pour vous donner un surcroit de besogne! (Kiie \>oaS>.-.)

^4 L'ESC^VLADË

MADAME DE BOISDUGAND.

Pourquoi dites-vous ça, Amélie?... Vous savez bien que je suis enchantée...

BOISDUGAND.

Mabonneamie,voilàce que vous vousattirezavec vos plaintes continuelles. Ma femme a l'obsession de la nourriture et, dans chaque personne qu'on lui présente, elle ne voit que la bouche, la bouche...

MADAME DE BOISDUGAND.

Parbleu ! vous autres, hommes, vous croyez que tout se fait comme ça, en soufflant dessus; vous êtes des mangeurs de soupe tout apprêtée.

COLETTE

M. Galbrun arrive demain, madame la générale?

LA GÉ>'ÉRALE.

Oui, mon neveu arrive pour dîner.

COLETTE

Mais il restera ici quelque temps?

LA GÉNÉRALE

Il doit rester un mois et je repartirai avec lui, dans le commencement d'août pour l'Engadine.

CÉCILE

Il fait une chaleur accablante, ce soir... il n'y a pas un souffle d'air. Tenez, avez-vous vu... un éclair?

RAYMOND

Mais non, ma petite tante, ce sont les feux du Havre.

MADAME DE BOISDUGAND.

Qu'est-ce que tu dis, Raymond? Le Havre est de ce côté, à droite, et j'ai vu la lueur en face de nous.

Page 1