ACTE TROISIÈME
CÉCILE
Parce qu'il faut que je vous explique : il y a certaines règles, certaines lois... ce ne sont pus des lois physiologiques, ce sont des lois mondaines; il vous est donc permis de les ignorer.
SOINDRES.
Je ne demande qu'à m'instfuire.
CÉCILE
Je le sais et c'est pourquoi je vous parle comme je le fais. Dans le monde, tant qu'un homme courtise une femme, il se montre galant, empressé, recherchant toutes les occasions de lui parler, d'être auprès d'elle. Et puis, dès que cet homme et cette femme deviennent amants, les voilà qui s'évitent, se parlent à peine et font semblant de ne plus se connaître.
SOINDRES.
En public.
CÉCILE
En public. C'est absurde, puisque pour le monde c'est un signe certain que cet homme et cette femme sont l'un à l'autre! Enfin, il paraît que cela trompe encore parfois les indifférents et les maris, mais non les amoureux et surtout les rivaux, les jaloux. M. Galbrun, qui m'aime à la folie, pourrait donc croire que nous sommes amants. Je ne voudrais pas le faire souffrir. J'ai beaucoup réfiéchi pendant votre absence. Il ne faut pas faire souffrir les hommes... inutilement, du moins; j'ai résolu de ne plus être coquette. Vous voyez que j';ii déjà commencé et combien je suis sincère avec vous.
SOINDRES.
Je le reconnais.
CÉCILE
Et ce n'est pas dans le moment que je veux être
ne L'ESCALADE
également sincère avec M. Galbrun que je puis admettre de votre part une attitude qui le découragerait et ferait peut-être qu'il abrégeât son séjour ici, ce dont je serais désolée, désolée. J'ai arrangé mon été, il ne faut pas que vous le dérangiez. M. Galbrun doit rester un mois ici, peut-être six semaines. J'ai le dessein de monter à cheval, il m'accompagnera, il monte admirablement. Il est également de première force au tennis et j'ai la passion de ce jeu. De plus, il ae manque pas d'esprit.,. Ce n'est pas un savant, mais je me contente de sa conversation... Vous la jugeriez superficielle; elle ne m'ennuie pas. Tout est là. Les femmes comme moi n'ont pas la prétention d'avoir ce gui s'appelle un cerveau... qu'est-ce qu'elles ont alors?
.SOINDRES.
Une cervelle.
CÉCILE
Assurément. Bref, je tiens à ce que M. Galbrun ne s'imagine pas des choses qui ne sont pas et c'est pour cela que je vous demande de redevenir très gentil avec moi... et môme d'être fort aimable avec lui. Je ne suis pas bien exigeante et vous ne pouvez pas me refuser eela.
SOINDRES.
C'est la moindre des choses. Seulement vos lois mondaines ne me paraissent pas obéir à une logique rigoureuse.
CÉCILE
Les lois n'obéissent pas... on leur obéit...
SOINDRES.
J'entends bien... elles commandent aux hommes, mais elles doivent^obéir à la raison. Quand j'étais assidu auprès de vous, vous m'avez déclaré d'une façon assez vive que mon assiduité était compromet-