‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 68 sur 227 · ACTE TKOISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TKOISIÈME

tante. A présent que je ne vous adresse pas la parole, voilà que mon silence est aussi compromettant. Avouez que tout cela est bien difficile, et je désespérerais de comprendre, si je n'avais préféré y renoncer.

CÉCILE

C'est que vous avez des manières de faire la cour très compromettantes, en effet ; vous n'étiez pas un soupirant, mais un rugissant; vous ne sembliez pas un prétendant, mais un occupant, et vous aviez plus l'air d'exercer un droit immédiat que de caresser un espoir lointain. Saisissez-vous la nuance?

SOINDRES.

Oh! très bien, très bien. Enfin, il en sera comme vous le désirez.

CÉCILE

Je vous remercie. (Gentiment.) C'est juré?

SOINDRES.

C'est juré.

CÉCILE

-Vlors, donnez-moi la main?

SOINDRES.

Volontiers.

CÉCILE

Amis ?

Amis... (Un silcncp assez long. Un coup de tonnerre assez violent )

Oh ! oh ! ce n'est pas loin, cette fois!

CÉCILE

A quoi pensez-vous?

SOINDRES, lar^'cmenl.

Je ne pense à rien.

Vent dans les feuilles. La pluie commence à tomber.

CÉCILE

Nous ferions peut-être bien de rentrer. Voilà de grosses gouttes qui commencent à tomber. Je viens

d'en sentir une sur ma main. (La plule tombe soudain, serrée.)

Tenez, ça y est. Vite, vite, rentrons.

Elle remonte en courant, suivie de Soindrcs, vers le pavillon.

Rideau.

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