ACTE TROISIEME
SOINDRES.
Je ne pense plus (|u'à vous, à votre corps, je vous désire ardemment. Écoutez, il faut que je vous dise... Ah! je sens que je vais être maladroit... Nous ne pouvons pas rester comme ça... Je vous désire et je vous respecte trop pour... Je n'ose pas vous demander d'être ma... et d'un autre côté, dans votre monde, consentirez- vous à devenir...
CÉCII.K.
Chut! chut! \'ous allez dire quelque sottise... Tout cela peut très bien s'arrangor... nous parlerons de tout cela demain... demain, mais à présent, il faut vous en aller... je vous assure... Il est quatre heures et demie. ! C'est fou. Et l'échelle?... Les jardiniers se lèvent de bonne heure, et si l'un d'eux aperçoit cette échelle devant mes fenêtres... Songez donc!
SOINDRES.
Laissez-moi rester auprès de vous encore quelques instants. Je ne peux pas vous quitter... c'est un arrachement.
CÉCILE
Il le faut; soyez raisonnable, puisque nous nous it^voyons demain matin ou plutôt tout à l'heure et que nous nous reverrons après-demain et toute la vie. Je descendrai ce matin de bonne heure.
SOINDRES.
A quelle heure?
ci^:ciLE.
Eli bien, voulez-vous onze heures?
SOINDRES.
Oh ! vous ne pouvez pas descendre un peu plus tôt?
CÉCILE
P]h bien, dix heures. Je serai au kiosque à dix V. 12
heures. Nous aurons deux heures avant le déjeuner pour causer, en regardant la mer. Et je lirai l'avenir dans votre main... cet avenir qui vous préoccupe. Vous serez fixé, je vous le promets... .Maintenant, partez !
SOINDRES.
Encore deux minutes.
Oh! regardez, le jour vient.
SOINDRES.
Non, non, ce n'est pas le jour, ce n'est pas le jour... C'est le clair de lune!
CÉCILE
Hélas! c'est le jour, voyez, le ciel est tout rose, du côté où le soleil se lève.
SOIXDRES.
Ah! c'est effrayant de s'en aller! Cécile, ma chère- Cécile, venez auprès de moi, contre moi... Je vous aime, je vous appartiens tout entier, (n lui prend la tête dans SCS mains.) Laissez-moi bien regarder au fond d( vos chers yeux?
CÉCILE
Regardez'!
SOINDRES.
Et maintenant, j'embrasse votre front... vos yeux...
et tes lèvres. (ll rembrasse longuement.) Adieu! CÉCILE.
Au revoir! Allez-vous-en, allez- vous-en! Ça m'amusera de vous voir descendre sur cette échelle. Prenez bien garde, ne tombez pas. Mon Dieu! comme c'est dangereux, (ii va vers le balcon.) Attendez!