‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 74 sur 227 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

plus intelligente et la plus délicate des femmes. Je \(ius aime; je vous adore; je vous ai méconnue; je ne us ai pas devinée et je vous demande pardon de (US avoir parlé si durement.

CÉCILE

Cela m'a semblé très doux, au contraire. Votre imlignation m'enchantait; je buvais vos reproches; j'étais dans le ravissement.

SOINDRES.

Cécile, je ne puis exprimer ce que je ressens : il me inble que je suis sur une altitude... Je respire le iiheur comme un air léger et je suis rempli d'une juie fluide.

CÉCILE

Par ce soir d'orage, tout cela devait arriver. L'orage

lit aussi en vous. "Votre voix grondait, vos yeux

ient chargés d'éclairs et la pluie de vos larmes a

ulé. Mais les divines clartés ont remplacé les ténèbres.

Un silence. Il l'eiilacedoucement et leurs lèvres s'unissent longuement.

Laissez-moi ! laissez-moi !

SOINDRES.

Vous tremblez.

CÉCILE

Oui, je tremble et, pourtant, je n'ai pas peur. Je rougis et je n'ai pas honte... Je me défends d'être sans défense. Je ne peux pas vous expliquer, comprenezmoi.

SOINDRES.

Oui, je vous comprends, je vous comprends... No craignez rien; je vous respecte; je vous aime!(iis*cioignc

d'elle.)

Vous êtes fâché?

SOIXDRES.

Oh! fâché... Pourquoi?

CÉCILE

Je ne sais pas... Vous vous taisez... A quoi pensezvous ?

SOINDRES.

Je pense à vous. ..^ et que je suis chez vous, à côté de votre chambre... C'est là que vous dormez. Je regarde autour demoi les choses témoins de votre existence intime et dont je respire le parfum, toutes ces choses nouvelles pour moi. et pourtant, à force d'y penser, familières. Le matin, pendant que vous vous habillez, j"ai les yeux fixés sur vos persiennes closes. Je songe au moment où vous ôtezlepeigne d'écailleblondquirelève vos cheveux sur votie nuque et où ruisselle sur vos épaules nues un grand manteau d'or ondulé! Tout ce qui touche à vous prend un caractère mystérieux et sacré. Ah! qu'une chose aussi connue que le corps de la femme, que les sculpteurs ont modelé, que les poètes ont chanté, que tant de savants comme moi ont disséqué, qu'une telle chose renferme soudain tout le mystère, tout l'inconnu et la volupté infinie, parce que c'est le corps d'une certaine femme, quelle folie! et c'est la mienne pourtant!

CÉCILE

Mais ce n'est pas une folie, puisque je vous aime. Venez près de moi.

SOINDRES.

C'est vrai, vous m'aimez?

CÉCILE

Oui.

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