ACTE QUAÏHIKME
SOINDRES.
Comment ça ?
SUZANNE
Oui, notre petite comédie a réussi.., nous avons voulu la rendre jalouse pour la forcer à voir clair en elle-même... c'est le vieux moyen qui réussit toujours... c'est bien ça, n'est-ce pas? 11 faut que ce soit ça. (un silence.) Vous VOUS rappel cz ce que vous me disiez hier soir en regardant l'orage qui venait sur la mer. Vous me disiez que c'était fini, bien fini, qu'elle n'était plus en vous.
SOINDRES.
J'étais sincère. Je le croyais.
SUZANNE
Mais oui, vous étiez sincère... elle ne vous avait pas encore parlé. Et maintenant, comme vous êtes un brave homme, vous regrettez ce que vous m'avez dit, à cause d'elle.
Et ce que je lui ai dit à elle.
SUZANNE
Toutes vos plaintes, tous vos reproches, vous voudriez me les reprendre. Eh bien, je vous les rends... je vous les rends, (eub pleure.)
SOINDRES.
Ma chère Suzanne, je suis votre ami.
SUZANNE
Oui, vous êtes mon ami, c'est bicnpourça. Je ne voulais pas pleurer devant vous. Je vous fais de la peine et ce n'est pas juste; ce n'est pas votre faute; vous n'êtes pas coupable; vous ne m'avez rien dit. C'est moi qui ai eu trop d'imagination. Ah! c'est absurde; je me déteste de pleurer ainsi. Puisque vous êtes mon ami,
loi L'ESCALADE
donnez-m'en la preuve; ne restez pas auprès de moi; laissez-moi... laissez-moi!...
SOINDRES.
Suzanne, il faut que je vous explique...
SUZA>'NE.
Non, non, ne m'expliquez rien, puisque je sais; puisque j'ai tout compris; ne croyez pas m'ahandonner en me quittant; c'est, au contraire, venir à mon secours...
SOINDRES.
Je vous obéis, Suzanne, je vous laisse.
Suzanne le congédie, douloureuse, avec des gestes las. Il sort. Elle va pour remonter dans sa chambre, elle se trouve en face de Cécile qui, pendant la fin de la conversation avec Soindres, descendait l'escalier et a tout entendu.