ACTE PREMIER
GERMAINE
Ingrat !
LACOtDERIE.
Je plaisante.
GERMAINE
Nous connaissons une dame, Mme Flamant-Cambrai pour ne pas la nommer, elle fait bien mieux... quand elle a besoin d'un manteau pour diner au restaurant ou pour aller au théâtre, elle va en choisir un dans un grand magasin, elle se le fait livrer et, le lendemain, elle remet l'étiquette et le rend en disant qu'il ne plaît pas à son mari.
LACOUDERIE.
Eh bien, je la blâme de toutes mes forces!
CHRISTIAN E
Elle a raison, puisque maintenant, lorsqu'on voit à une femme toujours le même manteau, on en conclut que le mari ne fait pas ses affaires, que le ménage est gêné...
MADAME MARGES
Est-ce qu'on ne vient pas de lui faire une opération à cette Mme Flamant-Cambrai?
GERMAINE
Oui.
i"\rADAME MARGES.
Savez-vous qui l'a opérée?
GERMAINE
Je ne pourrais pas vous dire le nom, c'est un petit chirurgien qui n'est pas très connu...
LACOUDERIE.
Mais qui travaille très bien. Que dites-vous de tout ça, ma bonne cousine?
MADAME MARGES
Mon bon Lacouderie, je dis que, de mon temps, on était beaucoup plus simple, j'ai toujours été mise sans recherche... ça n'a pas empêché mon mari de m'aimer.
CHRISTIANE, à Germaine, entre haut et bas
Sans recherche.
A la table de bridge :
MARGES
Nous faisons trois levées... et quatre honneurs... nous avons gagné.
EUGÈ>"E RAIDZELL.
Vous faites les comptes?
MARGES
Oui, oui.
EUGÈNE
C'est bien votre faute, madame Deguingois, s'ils ont gagné. Vous n'avez donc pas compris que je vous demandais du carreau?... il fallait m'en donner. Au lieu de ça, vous leur laissez prendre la main... alors, ils ont défilé tous leurs piques et nous sommes chocolat... chocolat !
LE BARON
Mais vous ne jouerez jamais au bridge; laissez-moi donc vous enseigner le piquet.
Un jeu de marchand de vin.