‹ ThéâtreChapitre 146 sur 185 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

LYSISTRATA, CALLYCE

LYSISTRATA

Oui, c'est moi, ma chère enfant... je viens te chercher, je viens te rendre ta liberté pour quelques heures.

CALLYCE Pourquoi as-tu été si sévère, si implacable.

Ma pauvre petite, j'étais obligée de montrer une sévérité qui n'était pas dans mon cœur, à cause des autres qui auraient été jalouses de ton bonheur. Il fallait que

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la loi fût égale pour toutes... mais tu n'as pas prêté le serment, va rejoindre ton mari, vole auprès de Nicostrate qui t'attend tristement chez lui...

CALLYCE Oh! ma tante, que tu es bonne! Combien je te remercie!

LYSISTRATA

Tu ne m'en veux pas... j'ai agi pour le plus grand bien de la République; mais je te donne ta liberté pour quelques heures seulement... et à une condition: il faut que tu sois revenue dès l'aube, au premier chant du coq; il faut en prendre devant Artémis l'engagement solennel.

CALLYCE

Au premier chant du coq... c'est de bien bonne heure, ma tante. (Hésitant.) Est-ce que j'aurai le temps?

LYSISTRATA, souriant.

Oh! grandement.

CALLYCE Alors, ma tante, sois tranquille... je le jure par la déesse.

LYSISTRATA N'oublie pas l'heure surtout, et quoi qu'il arrive, ne dis pas un mot de ce qui s'est passé. Obtiens aussi de Nicostrate qu'il garde le silence. Tu es contente?... tu n'as plus peur de mourir avant...

CALLYCE

Oh! ma tante.

Elle l'embrasse et sort en courant.

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