‹ ThéâtreChapitre 162 sur 185 · SCÈNE IV MYRTALE, THEORUS · texte numérisé non relu

SCÈNE IV MYRTALE, THEORUS

THEORUS

Sitôt que je suis entré ici, en te voyant, je me suis dit: Tiens, voilà une figure que je connais! Tu ne te souviens pas de moi... Theorus, le fils du boulanger?

MYRTALE C'est-à-dire que c'est vague.

THEORUS

Voyons, rappelle-toi... rue des Trépieds... nos maisons étaient voisines; je t'ai vue haute comme ça. Nous avons grandi ensemble: j'ai même dû un moment t'épouser.

MYRTALE

M'épouser? Je devrais me rappeler pourtant: il n'y en a pas des flottes qui aient eu cette idée-là. C'est curieux.

THEORUS

Ta mère Crobyle était bien la fruitière qui faisait le coin... Que de fois, étant enfant, je suis allé avec ma mère chercher des légumes chez la tienne.

MYRTALE

Ah! alors, tu te trompes, mon ami. D'abord ma mère ne s'appelait pas Crobyle et apprends qu'il n'y a jamais eu de fruitières dans ma famille.

THEORUS

Je ne savais pas... d'ailleurs, ce n'est pas déshonorant. Euripide est le fils d'une fruitière.

286 LYSISTRATA

MYRTALE

Ça le regarde, c'est son affaire... mais encore une fois, tu te trompes: tu confonds sans doute avec Glycère, cette jolie blonde qui vient derrière nous... Chut! c'est mon amie.

THEORUS

Je te demande pardon, si je t'ai froissée... tu sais, moi, je parle sans chercher mes mots, comme ça me vient... mais le cœur y est.

MYRTALE

Non, tu ne m'aimes pas tant que ça, puisque tu t'es trompé de mère!

Ils ont passé. Viennent Dercyle et Glycère.

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