ACTE QUATRIÈME
De ses pleurs bienfaisants féconde nos semences, Que de causer avec des gens de connaissance, D'échanger avec eux des propos bien portants. Dis-moi, Comarchydès, comment passer le temps? Lorsque la terre boit, ami, cela m'altère. Buvons, pendant que le ciel arrose la terre En Vhonneur du Dieu qui protège nos moissons. Manès, fait cuire la grive et les deux pinsons, Et, dans la sauce, mets du thym contre la fièvre! Il y avait aussi quatre morceaux de lièvre ; Ils doivent être à la cave avec le caillé, A moins que cette nuit le chat n'en ait volé... Mais s'ils y sont tous les quatre, comme f espère, Esclave, sers-m'en trois, donne Vautre à mon père.
LYSISTRATA
0 Paix, Déesse qui nous donnes les raisins.
Tu sens le vin nouveau, les ruches; les essaims.
Les fruits lourds, les parfums légers, les douces flûtes.
Les chansons, les festins, les poétiques luttes;
Tu sens V amour! Salut, Déesse aux seins charmants.
Tu es la source fraîche et le pain de froment.
Laboureurs, retournez à vos champs, sans épée;
Et cultivez la terre, et qu'elle soit trempée
De fécondes sueurs et non de sang cruel.
Chantez, chantez la Paix, et demandez au ciel
De ne pas être un peuple avide de conquêtes :
Soyez le peuple couronné de violettes.
Nos jeunes filles tout à V heure vont danser,
Et que chacun de vous, joyeux, aille embrasser,
En Vhonneur de la bonne et fertile Déesse,
Les oliviers qu'il a plantés dans sa jeunesse.
RIDEAU