ACTE QUATRIÈME
SALABACCHA 0 Lampito, femme au tempérament excessif, Callyce n'a pas prêté le serment! elle n'est donc pas parjure, et elle n'a fait qu'obéir à des volontés supérieures, puisque c'est Éros qui lui a ouvert la porte, et Artémis qui a tenu le flambeau d'hymen, tandis que Cypris reprenait possession de son temple.
PHIDON Le fait est qu'on ne peut pas être mieux avec l'Olympe!
AGATHOS, s'approchant de Lysistrata.
Le peuple en demeure stupide... Une terreur religieuse pèse sur lui. 0 Lysistrata, tu vois comme ils marchent! Courage! et que ton éloquence frappe le dernier coup.
LYSISTRATA 0 Athéniens, qui ne reconnaîtrait dans tous ces événements la juste main des dieux.
TOUS Nous la reconnaissons! nous la reconnaissons!
LYSISTRATA Ah! Lorsque tout à l'heure encore je vous disais que les dieux se lasseraient de vos folies, n'avais-je pas raison? Us viennent de manifester leur volonté d'une façon éclatante; sachez le reconnaître, car trois fois insensés ceux qui veulent lutter avec les dieux. Obéissez-leur donc et faites la paix,
TOUS lo! lo!
Oui, puissions-nous passer notre vie à caresser notre femme et à tisonner notre foyer.
318 LYSISTRATA
CYNÉSIAS
Que celui qui préférerait la guerre, ô Dyonisos, soit condamné à arracher sans cesse de ses coudes des dards acérés !
THEORUS
Si un fournisseur d'équipements militaires désire la guerre pour mieux écouler sa marchandise, qu'il tombe entre les mains des pirates et jusqu'à sa mort ne mange que des pois frits.
LYSISTRATA
0 mes amis, chantons la paix!
CYNÉSIAS
Non, je n'ai pas V amour de la gloire et des grades ; Mais ce que faime, c''est avec des camarades De boire au coin de Vâire oîi la femme a jeté Du lois bien sec coupé dans le cœur de Vété, Et qui pétille et qui crépite et dont la flamme En même temps que les jambes vous cJiauffe Vâme.
NICOSTRATE Loin des guerres, amis, et des combats sanglants. Ce que j'aime, c'est de faire cuire des glands De hêtre ou des châtaignes brunes sous la cendre. Mais voici quHl fait soif : ma femme va descendre A la cave; profitons-en... dépêchons-nous! Je prends la Thrace aux yeux brillants sur mes genoux. Chut! on monte... Et sur la peau fraîche de la Thrace De mes rudes baisers, on voit encor la trace.
Non, rien n'est plus charmant, après les longs hivers, Et lorsque dans nos champs, la pluie aux cheveux verts