‹ ThéâtreChapitre 28 sur 185 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

CLAUDINE Et à qui donc?

VÉTHEUIL A VOUS... VOUS voulez vous persuader vous-même.

CLAUDINE

Mais je vous défends de me prêter de semblables pensées, c'est de l'impertinence...

VÉTHEUIL C'est de la psychologie.

CLAUDINE, riant.

C'est du viol!

VÉTHEUIL

Eh bien, moi, je l'ai en ce moment ce bon calme, ce cher repos dont vous parlez; mais j'ai besoin d'autres choses, j'ai besoin d'émotions, de troubles, d'angoisses, de joies et de souffrances même, oui, oui, de souffrances.

CLAUDINE

Ah! je comprends bien ce que vous voulez dire... et quand on ne les a pas, ces émotions, ces troubles, on se dit: Qu'est-ce que je fais? 11 semble que l'on perd son temps, et l'existence pourtant douce que l'on mène vous est si pénible dans sa douceur même, que l'on songe aux souffrances passées pour pouvoir souffrir encore.

VÉTHEUIL Absolument.

Enfin, d'après tout ce que vous me dites, vous êtes mûr pour une grande passion?

VÉTHEUIL Vous aussi.

CLAUDINE Taisez-vous! (Montrant Denise qui entre avec Miss.) Tenez, la voilà, ma grande passion!

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