ACTE DEUXIÈME
CLAUDINE, brusque.
Ça n'est pas ma faute.
Oh ! mais, ma chérie, je ne te fais pas de reproches, et je suis trop content d'être près de toi. Tu sais bien que j'attendrais toute une nuit pour passer cinq minutes ici.
Il veut l'embrasser.
CLAUDINE Tu as le nez gelé. Approche-toi de la cheminée et chauffe-toi.
VÉTHEUIL
Chauffe-toi, soldat, chauffe-toi! Oh! le bon feu... comme on est bien ici! Tu sais que je viens de reconduire cette bonne Jamine?
CLAUDINE Oui, oui, je sais.
VÉTHEUIL
Et toi, comment ça va?
CLAUDINE
Ça va très bien.
VÉTHEUIL Ton dîner était très bon, très réussi.
CLAUDINE Ahl
VÉTHEUIL
Qu'est-ce que tu as?
CLAUDINE Mais rien.
Si, tu as quelque chose... qu'est-ce qu'il y a?
Mais rien, je te dis.
VÉTHEUIL Ah!
CLAUDINE Qu'est-ce que tu as fait aujourd'hui?
VÉTHEUIL Ah! c'est juste. Le petit interrogatoire.
CLAUDINE Oui, le petit interrogatoire.
VÉTHEUIL
Eh bien! je me suis levé ce matin à huit heures, je nie suis rasé, lavé, peigné, je me suis habillé. J'avais mon costume ardoise, avec une cravate écossaise... non, unie... oui, oui, unie.
CLAUDINE Oh! je t'en prie, ça n'est pas drôle!
VÉTHEUIL
Ça n'est pas pour être drôle, c'est pour te donner des renseignements exacts, aussi exacts que possible.
CLAUDINE Je ne ris pas... après?