ACTE DEUXIÈME
VÉTHEUIL
Après, je suis sorti. Je suis allé chez Hahn Meyer voir des gravures anciennes qu'on venait de recevoir. Je t'en ai choisi deux, en couleurs, très jolies, avec toutes leurs marges ; je les ai fait porter chez l'encadreur. Tu les auras dans une huitaine.
Et puis?...
VÉTHEUIL
Oh! il n'y a pas de quoi... Je suis trop heureux... c'est une bagatelle.
CLAUDINE Qu'est-ce qui te prend?
VÉTHEUIL
Ah! je croyais que tu nie remerciais. Et puis, je suis allé déjeuner au cercle.
CLAUDINE Après ?
VÉTHEUIL Après, je suis allé chez Francucil.
CLAUDINE
Tiens! à quel propos? Je t'avais défendu d'aller chez Francueil.
VÉTHEUIL
Je sais bien que tu me l'avais défendu, mais j'avais reçu dans la matinée un petit bleu dans leqiu'l il me priait de passer chez lui.
CLAUDINE
n ne peut donc pas se déranger?
VÉTHEUIL
H faut croire. Écoute, tu es injuste. Qu'est-ce qu'il t'a fait, ce garçon?
n m'a fait... il m'a fait... rien... enfin, il ne me plaît pas,
VÉTHEUIL
Pourtant, il fallait que j'y aille... Je ne peux pas non plus le lâcher complètement. Voilà un garçon qui ne m'a jamais rien fait, qui ne m'a même jamais rendu un service... encore, s'il m'avait rendu un service, j'aurais l'excuse de l'ingratitude... et il faudrait que je ne le revoie plus... Après tout, c'est mon ami.
CLAUDINE
Oui, un ami avec qui tu faisais la fête, et quelle fête! Ahl c'est toi-même qui me l'as raconté, quand tu me faisais la cour.
VÉTHEUIL
J'ai eu tort; on a toujours tort de raconter ce qu'on a fait... plus tard, on vous le ressert...
CLAUDINE Oh! tu es bien malheureux!
VÉTHEUIL Enfin, qu'est-ce que tu lui reproches?