‹ ThéâtreChapitre 73 sur 185 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

CLAUDINE, VÉTHEUIL

CLAUDINE A quelle heure as-tu dit qu'on vienne te chercher?

A dix heures.

Si tôtl

CLAUDINE

VÉTHEUIL

Oui, il faut que je sois à la gare de Locarno pour le train de onze heures.

CLAUDINE Tes bagages?

VÉTHEUIL

Le cocher doit passer à l'hôtel avant de venii".

CLAUDINE

La voiture ^nendra te prendre en haut, à la maison?

VÉTHEUIL Non, j'ai dit au cocher de venir ici, en bas du jardin,

CLAUDINE

Ah! mon Dieu!

Un silence. Puis on entend la voix d'un pécheur sur le lac, il chante: Vorrei morire!

VÉTHEUIL Écoute, c'est notre pêcheur. (Essaj-ant de sourire.) D sait que tu es là, il s'applique, il chante pour toi.

CLAUDINE

Ah! oui, c'est pour moi qu'il chante... moi aussi, je voudrais mourir, tandis que la nuit est belle. Ah! vois-tu, quand je pense que demain, demain tu ne seras plus là, il me semble que je vais devenir folle. Ah! c'est affreux! Et puis, pourquoi t'en vas-tu si loin que je ne pourrai même pas t'écrire? Pourquoi t'es-tu fait engager dans cette mission pour explorer des pays dont on ne revient jamais?

VÉTHEUIL

Non, mais dont on ne revient pas tout de suite, et c'est ce que j'ai voulu, et c'est ce que tu as voulu toi aussi, car nous en sommes convenus ensemble, U fallait que je parte, il le fallait. Est-ce vrai?

CLAUDINE Oui, c'est vrai, mais quand nous sommes convenus de ton départ, j'avais du courage, mais tu pars ce soir et je n'en ai plus.

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