Ducissa Annale, c'est le nom de la mère de votre fiancée
HJALMAR.
D'Uglyane ? — Oui.
ANGUS
Voilà un o«z plus lent et plus froid que la neige !
HJALMAR.
Mon DieU; le temps des oui de flamme est assez loin de moi...
Uglyane est jolie cependant.
HJALMAR.
J*en ai peur !
ANGUS
Oh!
HJALMAR.
Il y a une petite âme de cuisinière au fond de ses yeux verts.
ANGUS
Oh ! oh ! mais alors, pourquoi consentez-vous ?
HJALMAR.
A quoi bon ne pas consentir ? Je suis malade à en mourir une de ces vingt mille nuits que nous avons à vivre^ et je veux le repos ! le repos ! le repos! Et puis, elle ou une autre, qui me dira <« mon petit Hjalmar » au clair de lune en me pinçant le nez ! Pouah ! — Avez-vous remar-
ACT£ PKEMIER
que les colères subites de mon père depuis que la reine Anne est arrivée à Yssel monde ? — Je ne sais ce qui se passe ; mais il y a là quelque chose^ et je commence à avoir d'étranges soupçons; j^ai peur de la reine !
Elle vous aime comme un fils cependant.
HJALMAR.
Comme un fils? — Je n'en sais rien^ et J'ai d*étranges idéesj elle est plus belle que sa fille^ et voilà d^abordun grand mal. Elle travaille comme une taupe à je ne sais quoi ; elle a excité mon pauvre vieux père contre Marcellus et elle a déchaîné cette guerre; — il y a quelque chose là-dessous !
AKGUS, Il y aj qu'elle voudrait vous faire épouser UglyaiiCj ce n'est pas infemaL
HJALMAR-
D y a encore autre chose.
ANGUS
Oh! je sais bien! Une fois m a ries j elle vous envoie en Jutîand vous battre sur les glaçons pour son petit trône d^ usurpatrice; et délivrer peut-être son pauvre mari^ qui doit être bien inquiet en l'attendant ; car une reine aussi belk; errant seule par le monde^ iî faut bien qu'il arrive des histoires**.
HJALMAR.
Il y a encore autre chose.
ANGUS
Quoi?
Vous le saurez un jour ; allons-nous-en.
ANGUS
Vers la ville ?
HJALMAR.
Vers la ville ? — il n'y en a plus ; il n'y a plus que des morts entre des murs écroulés !
Ils sortent.