ACTE TROISIÈME
près du jet d'eau ; et vous remarquerez que c'est à certains moments seulement, et lorsqu'on les regarde, que les choses se tiennent tranquilles comme des enfants sages et ne semblent pas étranges et bizarres ; mais dès qu'on leur tourne le dos, elles vous font des grimaces et vous jouent de mauvais tours.
ANGUS
Je ne comprends pas.
Moi non plus; mais j'aime mieux être au milieu des hommes; fussent-ils tous contre moi.
ANGUS
Quoi?
HJALMAR.
Ne vous éloignez pas.
ANGUS
Pourquoi ?
HJALMAR.
Je ne sais pas encore.
ANNE
Avez-vous bientôt fini, Monseigneur ? On n'abandonne pas ainsi sa fiancée !
HJALMAR.
J'accours, Madame.
HJALMAR àUglyane.
Angus vient de me raconter une étrange aventure^ Uglyane.
Vraiment.
UGLYANE.
HJALMAR.
Oui. — Il s^agit d'une jeune fille ; une pauvre jeune fille qui a perdu tous les biens qu'elle avait...
UGLYANE.
Oh!
HJALMAR.
Et elle veut l'épouser malgré tout.EUe l'attend au jardin tous les soirs ; elle le poursuit au clair de lune ; il n'a plus un instant de repos,
UGLYANE.
Que va-t-il faire ?
HJALMAR.
Il n'en sait rien. Je lui ai dit de faire lever les ponts-levis, et de mettre un homme d'armes à chaque porte^ afin qu'elle ne puisse plus entrer ; il ne veut pas.
UGLYANE.
Pourquoi ?