ACTE CINQUIÈME
Elle a raison ; vos cheveux me semblent tout «blancs. Est-ce un effet de la lumière ?
ANNE
Oui^ il y a trop de lumière.
LE KOI.
Mais pourquoi me regardez-vous tous ? — Estce que vous ne m'avez jamais vu ?
ANNE
Voyons; entrons dans la chapelle; Toffice sera fini^ venez donc.
LE ROI
Non^ non, j 'aimerais mieu x ne pas prier ce soir. . .
HJALMAR.
Ne pas prier, mon père?
LE ROI
Si, si, mais pas dans la chapelle... je ne me sens pas bien, pas bien du tout !
ANNE
Asseyez-vous un instant, Seigneur.
HJALMAR.
Ou'avez-vous, mon père !
l68 LA PRINCESSE MALEINE
Laissez^ laissez, ne Tinterrogez pas ; il a été surpris par Forage ; laissez- lui le temps de se remettre un peu, — parlons d'autre chose.
HJALMAR.
Ne verrons-nous pas la princesse Uglyane ce soir?
ANNE
Non, pas ce soir, elle est toujours souffrante.
LE ROI
Je voudrais être à votre place !
HJALMAR.
Mais ne dirait-on pas que nous sommes malades nous aussi ? — Nous attendons comme de grands coupables...
LE ROI
Où voulez-vous en venir ?
HJALMAR.
Plaît-il, mon père ?
LE ROI
Où voulez-vous en venir ? Il faut le dire franchement...
ANNE
Vous n^avez pas compris. — Vous étiez distrait. — Je disais qu'Uglyane est souffrante, mais elle va mieux.